Cash for car: l’employeur est gagnant à tous les coups

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Depuis vendredi, on y voit plus clair dans l’allocation mobilité. Cette mesure, lancée par le gouvernement Michel, permettra aux employés de convertir leur voiture de société en cash. Du cash taxé exactement comme une voiture de société (soit nettement moins que du salaire normal) ; et qui pourra être utilisé par le salarié comme il l’entend.

Le projet de loi n’est pas encore rédigé. On en est toujours au stade de l’accord de principe au sein de la majorité. Mais certaines modalités pratiques ont déjà fuité. Dont la formule qui permettra de calculer le montant « cash », en valeur annuelle, qui remplacera votre voiture.

Cette formule est plutôt simple : vous prenez 20 % de la valeur catalogue de la voiture à laquelle vous renoncez (TVAC), et vous la multipliez par six septièmes. Un montant qui sera majoré de 20 % dans le cas où vous disposez également d’une carte essence.

Mais Le Soir s’est demandé si cette formule était vraiment avantageuse pour le travailleur ou l’employeur. D’un point de vue fiscal, la question ne se pose pas : le gouvernement promet en effet que l’impôt dû sur le « cash for car » sera identique à celui qui était dû sur une voiture de société. Aussi bien pour l’employé que pour l’employeur. Bref, les deux options sont neutres.

Reste à comparer le coût d’une voiture de société, que paye réellement un patron aujourd’hui, à la somme en cash qu’il pourrait verser demain à son salarié. Ce que nous avons fait. Et quelle que soit l’hypothèse retenue, la conclusion est identique : cela coûtera moins cher à l’employeur de donner du cash à son employé que de lui payer une voiture de société. Bref, l’employeur aura intérêt à ce que ses employés optent pour le cash. Mais l’employé ne sera pas forcé d’accepter. Le projet suédois repose en effet sur le principe du « double volontariat ». L’employeur n’est pas tenu de proposer la formule ; pas plus que l’employé ne sera obligé de l’accepter.

1.000 euros dans la vue

Venons-en aux chiffres. Une société disposant d’une flotte de plus de 100 voitures de société nous a livré les détails du coût de ses voitures. En plus de payer la location du véhicule à une société de leasing, l’employeur paye également l’assurance, l’entretien du véhicule, les taxes de circulation et de mise en circulation, les pneus hiver, le carburant… « On paye aussi 21 % de TVA, dont on récupère environ la moitié », nous glisse le patron de la société. On se mettra dans l’hypothèse d’une TVA à 10,5 %.

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Au total, pour une BMW 116d d’une valeur de 28.000 euros, l’employeur paye près de 6.850 euros par an pour financer ce véhicule (pour un leasing de quatre ans), carburant compris. Or la formule suédoise transformera cette voiture en un chèque annuel de 5.760 euros. L’employeur gagne donc près de 1.100 euros dans l’opération. Et l’employé n’a pas de réel intérêt à lâcher sa voiture, à moins qu’elle reste dans son garage.

La logique est la même pour une plus grosse cylindrée. Mais Le Soir ne s’est pas cantonné à ces exemples. Renta, fédération belge des loueurs de véhicules, nous a fourni le coût moyen d’un leasing pour une dizaine de modèles (les sociétés ayant de grandes flottes obtiennent des rabais). La conclusion est toujours la même : l’employeur est gagnant. Car le montant en cash qu’il pourrait verser demain est de 17 à 44 % inférieur au coût réel de la voiture qu’il doit financer aujourd’hui.

Un résultat pas forcément étonnant. Car sans gain à la clé, on voit mal pourquoi les patrons accepteraient de convertir une voiture de société en cash.

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