Violence faite aux femmes: il est grand temps d’agir pour mettre fin au calvaire des victimes

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Elles s’appelaient Sofie (27 ans, Knokke), Alia (56 ans, Kortrijk), Jeanine (64 ans, Villers-la-Ville), Maylis (18 ans, Gistel) ou encore Karima (33 ans, Hensies). De tous âges, de toutes origines, de toutes classes sociales et à travers toute la Belgique, elles ont été assassinées par un homme, souvent un proche, comme au moins une trentaine d’autres femmes cette année en Belgique. Ces crimes n’ont rien à voir avec de simples faits divers, il ne s’agit ni de « drames familiaux » ni de l’œuvre macabre et incompréhensible de pervers isolés. Il s’agit clairement de l’expression ultime des multiples formes que peuvent prendre les violences machistes.

Violences machistes ! Ces deux mots dérangent. Pourtant, c’est bien ce qui est à l’œuvre à chaque fois que des violences sont commises sur une femme parce qu’elle est femme et que l’ensemble des rouages d’une société échoue à y mettre un terme en tolérant que cela se reproduise régulièrement.

Comment qualifier autrement les agissements d’hommes qui considèrent les femmes comme leur propriété ou comme des objets sexuels sous leur domination en se permettant de passer aux actes, verbalement ou physiquement ?

Comment qualifier autrement la passivité de la police, une institution publique qui ne se donne pas les moyens d’entendre les paroles des femmes, de leur donner du crédit et de répondre à leur volonté légitime de vivre en sécurité ?

Comment qualifier autrement l’inefficacité de la justice qui se contente de condamnations temporaires et ponctuelles des crimes commis contre les droits et l’intégrité des femmes qui sont pourtant destructeurs à long terme pour toutes les victimes ?

Comment qualifier autrement le désintérêt des responsables politiques face à la non application flagrante des mesures qu’ils se sont engagés à prendre contre les violences faites aux femmes, à travers notamment la ratification de la Convention d’Istanbul qui énumère une série de recommandations concrètes ?

Les violences machistes restent une réalité profondément implantée dans la société qui se concrétisent sous plusieurs formes, faisant de la vie de milliers de femmes un véritable enfer. Si une minorité en meurent, la plupart y survivent mais doivent en supporter les conséquences : vivre dans la peur, la honte, l’incompréhension, l’insécurité… au quotidien ! Ces crimes horribles pourraient être évités si les violences envers les femmes étaient considérées et combattues à leur juste mesure. Ils mettent donc en lumière les manquements politiques et institutionnels graves en matière de lutte contre les violences machistes.

Manifestation nationale ce 25 novembre

Pour qu’il n’y ait plus jamais de morte dans ce contexte, il faut bien plus qu’une nécessaire prise de conscience. Il faut une réelle volonté politique. C’est pour rappeler aux pouvoirs publics leurs responsabilités et en hommage à toutes les femmes victimes que près de 100 organisations, fédérées par la plateforme Mirabal Belgium, appellent à rejoindre la grande manifestation féministe nationale contre les violences faites aux femmes samedi 25 novembre à Bruxelles (14h, Gare du Nord ; infos sur www.mirabalbelgium.org).

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