Être pauvre, c’est être un citoyen invisible

«
Quand on est au CPAS, on doit se mettre tout nu tout le temps, parce qu’on est considéré comme des fraudeurs
», dit Manu.
« Quand on est au CPAS, on doit se mettre tout nu tout le temps, parce qu’on est considéré comme des fraudeurs », dit Manu. - Pierre-Yves Thienpont.

Ils s’appellent Jean-Jacques, Marcelin, Brigitte, Johann, Manu, David, Hector et Marc. Ils viennent de Bruxelles, de Hastière, de Charleroi, de Beauraing. Réunis par Monique Couillard, volontaire permanente de l’ASBL ATD Quart-Monde en Belgique, dans un petit local de réunion proche de la gare du Midi, ils évoquent le travail qu’ils viennent de mener pendant un an et demi. Au fil de dix journées complètes de discussions en groupes de travail, ils ont nourri le dernier rapport du service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, que Le Soir a pu consulter. Cette instance publique indépendante a pour mission de veiller au respect des droits fondamentaux pour les populations les plus précarisées. Dans ce nouveau rapport, elle a mis le focus sur la citoyenneté. C’est quoi, être citoyen, quand on vit dans la précarité ? Est-on vraiment un citoyen comme les autres ? Est-on considéré comme tel ?

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  • L'UE a été créée par des nantis pour des nantis, avec l'aide de libéraux parvenus qui ramassent les miettes, mais à condition qu'ils obéissent et qu'ils la ferme ! L'Europe n'a jamais été faite pour le citoyen lambda, sinon, il y aurait du social aussi dans leur programme, mais le social, pour eux, c'est le pire ennemi ! Le fric, d'accord, le reste, basta !

  • Il y a quelques années les experts de l'OCDE démontraient qu'il existait un lien étroit entre le montant que les Etats consacrent en matière de sécurité sociale et le niveau de pauvreté. Or, les Etats sont soumis, depuis plusieurs années, au respect des critères de convergence imposés par l'UE. Leur principale préoccupation est donc de réduire les déficits publics. C'est cette politique qu'il faut changer à l'heure où précisément il y a de plus en plus de citoyens qui ont du mal à joindre les deux bouts. Le Portugal est un bel exemple réussi de ce qu'il conviendrait de faire. C'est un pays où "la gauche plurielle, aux affaires depuis fin 2015, met en œuvre une politique de relance par la demande, anti-austéritaire, obtient des résultats économiquement et socialement, et semble bien bénéficier d’un large soutien populaire".

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