L’ignoble mise à prix de Bahar Kimyongur par la Turquie

Le militant belge Bahar Kimyongür a été inscrit sur la liste des « terroristes les plus recherchés » par la Turquie. Une récompense de 214.000 euros est promise pour sa capture.
Le militant belge Bahar Kimyongür a été inscrit sur la liste des « terroristes les plus recherchés » par la Turquie. Une récompense de 214.000 euros est promise pour sa capture. - belga.

Bahar Kimyongür figure depuis le 10 février sur la liste des «terroristes les plus recherchés» par la Turquie. Cette liste reprend les noms de 900 personnes appartenant aux mouvements kurdes, aux organisations d’extrême gauche et à l’Etat islamique… Pour ce qui le concerne, une récompense « pouvant aller jusqu’à un million de livres turques » (soit 214.000 euros) est désormais promise pour tout renseignement à même de mener à la capture du ressortissant belge…

Cette mise à prix est tout simplement ignoble. Et la qualification de « terroriste » infamante.

Car ce qui est en cause ici, c’est la volonté d’un Etat étranger d’exercer un droit de poursuite contre un citoyen né en Belgique, scolarisé en Belgique, vivant en Belgique. Le forfait de Bahar Kimyongür ? Avoir dénoncé, depuis des années, la situation effroyable qui règne en Turquie – la violation répétée des droits de l’Homme, la justice « aux ordres » et la répression accablant ce pays. Sans scrupule aucun, violant les libertés constitutionnelles propres à tout Etat civilisé, le régime d’Ankara a ainsi continûment exercé des pressions sur les autorités belges pour qu’elles obligent ce militant des droits humains à faire profil bas, à se taire, à renoncer.

Acquitté en Belgique dans l’affaire dite du « DHKP-C » – où à deux reprises les juges du degré d’Appel ont reconnu son droit à la liberté d’expression –, Ankara a immédiatement réactivé un mandat d’arrêt international à la suite duquel Kimyongür a été arrêté, puis jugé aux Pays-Bas et en Espagne. A chaque fois, les tribunaux de ces Etats l’ont innocenté et ont défendu son droit à la liberté d’opinion, car « résister » par la parole « n’est pas un crime ».

Un devoir de protection

Ces derniers mois, on le sait, les choses n’ont cessé d’empirer. Prétextant une tentative de renversement du pouvoir, Recep Erdogan a fait fermer des dizaines de journaux, emprisonner plus de 50.000 opposants (y compris les dirigeants d’Amnesty International Turquie), et licencier des milliers de fonctionnaires. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle campagne est menée par le gouvernement turc pour « terroriser » ceux qui, à l’étranger, persistent à incriminer son autoritarisme, le règne de la force brute et les lois d’exception.

Le Belge Kimyongür est de ceux-là. Avec courage et ténacité, il a toujours fait de son mieux pour informer l’opinion publique et établir la vérité. Cela l’honore et les signataires tiennent à le lui faire savoir.

Plus que jamais, l’Etat belge doit être le garant de sa liberté d’expression et, puisque Kimyongür est désormais menacé dans son intégrité physique, l’Etat belge se doit de le protéger. Par tous les moyens nécessaires.

*Les cosignataires : Marc ABRAMOWICZ, psychothérapeute ; Jacques AGHION, professeur retraité de l’Université de Liège ; Samir AMIN, professeur d’université en sciences économiques, Dakar (Sénégal) ; Daniel APELBAUM, assistant social ; Danielle BAJOMÉE, professeur à l’Université de Liège ; Olivier BALTHUS, conseiller communal VEGA à Trooz ; Laure BARDET, violoniste ; Rudy BARNET, expert audiovisuel ; Walter BAUWENS, retraité ; Selma BENKHELIFA, avocate ; Yolande BERDEN, enseignante retraitée ; Jean-Louis BERWART, avocat ; Mathieu BIETLOT, Acteurs des Temps présents ; France BLANMAILLAND, avocate ; Marie-José BODY, citoyenne ; Aude BOESMANS, bénévole ; Baudouin-Luc BOLSSENS, membre d’associations socioculturelles ; Jean BRICMONT, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain ; Didier BRISSA, formateur en éducation populaire ; Dino CALA, ancien formateur dans un centre de requalification professionnelle ; Vladimir CALLER, rédacteur en chef du Drapeau Rouge ; Michael CAMBIER, enseignant ; Jacquot CELNIK, entrepreneur ; Maïa CHAUVIER, comédienne / slameuse ; Ralph COECKELBERGHS, ancien secrétaire général de Solidarité socialiste ; Marie-France COLLARD, réalisatrice ; Michel COLLON, journaliste ; Jean-Claude COLS, citoyen ; Marie-Françoise CORDEMANS, citoyenne du monde ; Jacques CORNET, président de Changements pour l’Egalité ; Jacques DEBATTY, vice-président du CNCD-11.11.11. ; Patrick DEBOOSERE, professeur à la VUB ; Lieven DE CAUTER, philosophe (KUL) ; Jean-Claude DEFOSSÉ, ex-journaliste et député régional ; Michèle DEHAEN, infirmière ; Myriam DJEGHAM, secrétaire fédéral du Mouvement Ouvrier Chrétien ; Francine DEKONINCK, infirmière / militante CGSP ; Florence de LA PRADELLE, avocat au Barreau de Bruxelles ; Herman DE LEY, professeur émérite de l’Université de Gand ; Jean-Paul DELPORTE, directeur retraité de l’ONE ; Frans DE MAEGD, pensionné ; Benjamin DEMAN, juriste ; Paule DEMEUSE, professeur retraitée ; Chris DEN HOND, vidéo-journaliste ; Martine DEPAUW, employée ; Marie-France DEPREZ, membre du Parti Communiste ; Chantal DE RACHE, enseignante retraitée ; Jean-Marie DERMAGNE, ancien bâtonnier ; Serge DERUETTE, professeur à l’UMons ; Denis DESBONNET, journaliste ; Gérard DE SELYS, ancien journaliste ; Jean-Marie DE SMET, retraité ; Noëlle DE SMET, ex-enseignante ; Alexis DESWAEF, avocat / président de la Ligue des droits de l’Homme ; Jean-Philippe de WIND, avocat ; Ludo DE WITTE, écrivain ; Sandrine DOCHAIN, secrétaire de rédaction ; Martine DRAPS, responsable d’administration publique ; Josy DUBIÉ, sénateur honoraire ; Philippe DUBOIS, secrétaire permanent régional CGSP «Cheminots» ; Albert DUPAGNE, professeur émérite de l’Université de Liège ; Jean-Claude ENGLEBERT, Premier échevin (Forest) ; Hughes ESTEVENY, coordinateur général d’une association d’éducation permanente ; Fanny FILOSOF, citoyenne ; Barbara FLAMAND, écrivain ; Hans GAASBEEK, mensenrechtenactivist, Haarlem (Pays-Bas) ; Jean GAVA, ex-auteur de critique sociale ; Pierre GILLIS, professeur honoraire à l’UMons ; Eric GOEMAN, porte-parole d’Attac Vlaanderen ; Berna GÜZEL, artiste-peintre ; Philippe HAMBYE, professeur à l’UCL ; Thierry HODIAMONT, auteur-compositeur-interprète ; Francis HOUART, retraité ; Emilie HUBERT, professeur de français ; Lolita IVEN-ABRAMOWICZ, enseignante retraitée ; Jean-Pierre KERCKHOFS, président de l’Appel Pour une Ecole Démocratique ; Jean-Marie KLINKENBERG, membre de l’Académie royale ; Bénédicte LAHAYE, enseignante ; Grégoire LALIEU, journaliste ; Manuel LAMBERT, conseiller juridique à la Ligue des droits de l’Homme ; André LEFRANÇOIS, enseignant pensionné ; Michel LEMMENS, médecin ; Monique LERMUSIAUX, pensionnée ; Judith LOPES CARDOSO, juriste ; Anne MAESSCHALK, juriste ; Christophe MARCHAND, avocat ; Silvio MARRA, mécanicien / ancien délégué syndical aux Forges de Clabecq ; Philippe MASSENAUX, ouvrier ; Olivier MASSOT, musicien, Lyon (France) ; Francine MESTRUM, chercheure à Global Social Justice ; Anne MORELLI, professeure à l’ULB ; Marcel MUSSEN, citoyen ; Julien NÈVE, chômeur ; Marc NÈVE, avocat ; Christine PAGNOULLE, chargée de cours honoraire à l’ULg, Présidente d’Attac-Liège ; Jorge PALMA, ex-attaché à l’ULg ; Jean PAQUET, comptable-fiscaliste ; Geneviève PARFAIT, administratrice honoraire de la Ligue des droits de l’Homme ; Christine PAUPORTÉ, employée ; David PESTIEAU, vice-président du PTB ; Riccardo PETRELLA, professeur émérite de l’UCL ; Hilda PHILIPART, pensionnée ; Bernadette PLANARD, enseignante à la retraite ; Nadette PONCELET, informaticienne retraitée ; Daniel PUISSANT, fonctionnaire ; Jacob RAJCHMAN, photographe ; Serafin RODRIGUEZ Y SOTELINO, ingénieur retraité ; André ROSEN, directeur d’administration honoraire à l’ULg ; François SCHREUER, conseiller communal VEGA, (Liège) ; Jean-Louis SIROUX, sociologue ; Michel STASZEWSKI, enseignant retraité ; Olivier STEIN, avocat ; Isabelle STENGERS, professeure en philosophie à l’ULB ; Olivier TAYMANS, traducteur et journaliste ; Cyrille THOULEN, enseignant / compositeur ; TITOM, dessinateur ; Cédric TOLLEY, sociologue ; Maxime TONDEUR, citoyen ; Jocelyne URBAIN, ex-déléguée CGSP ; Frédéric UREEL, avocat ; Guido VANDERHULST, fondateur et ancien directeur de La Fonderie ; Barbara VAN DIJCK, academic researcher ; Geofrey VAN HECKE, ingénieur ; Jean VAN HEES, retraité de la CGER ; Marco VAN HEES, député fédéral PTB ; Philippe VAN MUYLDER, secrétaire générale de la FGTB-Bruxelles ; Laurence VANPAESCHEN, citoyenne ; Dan VAN RAEMDONCK, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme ; Koen VAN REUSEL, ingénieur ; Guy VAN SINOY, militant syndical FGTB ; Myriam VAN SINOY, retraitée ; Suzanne VELDEMAN, retraitée ; Georges VERCHEVAL, directeur honoraire du Musée de la Photographie à Charleroi ; Jean-Pierre VERECKEN, ancien interprète près de l’ONU ; Luc VERVAET, ancien enseignant dans les prisons ; Marie-Christine VERGIAT, eurodéputée française (Strasbourg) ; Freddy VISCONTI, métallurgiste ; Alexandre WAJNBERG, artiste et journaliste ; Grégoire WALLENBORN, citoyen ; Emmanuel WATHELET, professeur à l’IHECS ; Claude ZYLMANS, libraire.

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