Affaire Veviba: faire sauter le directeur de l’Afsca ne sera pas suffisant

Herman Diricks. © Belga
Herman Diricks. © Belga

Ce lundi soir, à la sortie de la double commission Economie et Santé de la Chambre, bon nombre de députés lâchaient ceci de concert : la question n’est pas de savoir si Herman Diricks, directeur de l’Afsca, va sauter mais plutôt de savoir… quand il va sauter.

Mais ces élus, tout comme le ministre Denis Ducarme, le savent parfaitement : l’avenir de notre système de contrôle de la chaîne alimentaire ne tient pas à une tête qu’on tranchera sur la place publique. Le malaise autour de l’Afsca est si profond que l’agence n’échappera pas, comme le souhaite enfin son ministre de tutelle, à une réforme profonde. Les consommateurs, les éleveurs, la (grande et petite) distribution et les (petits et grands) acteurs de la transformation alimentaire, très majoritairement honnêtes, n’accepteront pas qu’il en soit autrement.

Brûler l’Afsca  ?

Faut-il pour autant brûler l’Afsca pour mieux la refonder ? Ce serait fondamentalement injuste pour ses employés dévoués. Car ce serait perdre de vue que, depuis sa création en 2000, l’agence a considérablement contribué à améliorer la qualité et l’hygiène de ce que nous ingurgitons au quotidien, du plat élaboré de resto aux ingrédients alimentaires vendus dans le commerce de détail, en passant par les petits snacks et les services traiteurs si pratiques à l’heure du travail flexible.

Par ailleurs, le pouvoir politique – singulièrement le MR, qui exerce la tutelle sur l’Afsca depuis une décennie – ne manquera pas de s’interroger, lui aussi, sur le temps si long qu’il a pris avant d’ouvrir les yeux sur le fonctionnement du système agroalimentaire contemporain et sur son contrôle public. L’audit, souhaité aujourd’hui par le ministre Ducarme, avait été recommandé il y a près d’un an par la Cour des comptes. Durant tout ce temps, des escrocs de la viande ont pu poursuivre leurs sinistres méfaits, au mépris de la santé publique, de la réputation de toute la filière belge et de l’image de tout un pays. Le sursaut est pressant : après le Fipronil et Veviba, la Belgique et son gouvernement fédéral ne peuvent pas se permettre une troisième crise alimentaire aiguë.

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