Poutine rempile: l’Europe devrait se doter d’une stratégie ferme

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L’Europe a un problème avec Vladimir Poutine. L’ultranationalisme revanchiste du président russe, qu’une vaste majorité de Russes semblent plébisciter – c’est leur droit –, est lourd de répercussions au-delà de ses frontières. Une Guerre froide du XXIe siècle se développe à nos portes. Elle risque, à la moindre étincelle, de s’embraser. L’épisode sinistre de l’empoisonnement de l’ex-espion va encore aviver la tension. Et davantage isoler Poutine, dont on redoute déjà la réaction.

Que faire ? Masser des chars dans les pays de l’Otan à l’Est et maintenir des sanctions paraît prudent pour signifier au président, inévitablement réélu ce dimanche, qu’il y a des limites à ne pas franchir. Cela ne fait pas une politique, malheureusement : une chimère, pour l’Europe, tiraillée entre « faucons » anti-russes et amateurs de l’homme à poigne – la « poutinisation » des esprits gagne aussi le Vieux Continent.

Avec ses fidèles et ses communicants, Vladimir Poutine est passé maître dans l’art de semer le doute, de flouter la ligne qui sépare le vrai du faux, d’embrouiller les esprits, de retourner les pires accusations contre ses accusateurs.

Le Kremlin est-il « derrière » les cyber attaques ? Derrière les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux ? Les coups tordus pour influencer les résultats des élections dans nos démocraties ? La tentative de coup d’État au Monténégro au moment de rejoindre l’Otan ? Son armée régulière est-elle vraiment en masse dans le Donbass ? Va-t-il s’attaquer aux câbles sous-marins de l’internet ? Autant de suspicions, autant de craintes, autant d’agissements conçus pour qu’il soit à peu près impossible d’en démasquer le responsable sans nul doute possible.

Puis il y a les faits, indiscutables. L’élection de dimanche a cyniquement été programmée le jour du quatrième anniversaire de l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne stratégique de Crimée et de la ville de Sébastopol. Le maître du Kremlin, après un mois de dénégations véhémentes, avait fini par reconnaître que les « petits hommes verts » débarqués en armes mais sans insignes pour prendre le contrôle des institutions de Crimée le 27 février 2014 étaient bien des soldats russes. Quel que soit le degré de soutien de la population locale, largement russe, ce remodelage d’un État par la force militaire « reste un défi direct à la sécurité internationale », a rappelé vendredi l’Union européenne.

La militarisation de la péninsule inquiète. Le déploiement de missiles de croisière capables d’être dotés de têtes nucléaires dans l’enclave de Kaliningrad, aussi. La doctrine nucléaire préoccupe autant, qui envisage des frappes en premier ressort.

Et, plus proche de nous, les finances du Kremlin ont sauvé celles, défaillantes, du FN de la famille Le Pen.

Foin du relativisme. La Russie de Poutine tente de rétablir des « sphères d’influences ». L’Europe aussi, mais sans recourir à la force ou la menace. Les faits sont suffisamment graves pour nous obliger à élaborer une stratégie ferme avec cet acteur majeur – et l’on n’abordera pas ici la situation en Russie où bien des libertés se sont évaporées.

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