La meilleure arme anti-radar: respecter la règle

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Qui l’eût cru ? Le Wallon entretient avec le radar une relation complexe et torturée. Il paraît vaguement conscient de son utilité dans un contexte et un paysage où le respect de la norme est – disons – fluctuant. Mais au moment où son pied droit caresse l’accélérateur, il n’est pas loin de considérer cette ferraille comme un engin diabolique créé pour l’empêcher de jouir d’un droit aussi sacré que l’est le deuxième amendement aux Etats-Unis : appuyer en toute liberté sur le champignon. Même chose pour les limitations de vitesse. Sur les autoroutes – là où les narines frémissent devant l’appel des grands espaces – elles sont tellement brimantes ! Plus d’une personne sur deux juge que la limite du 120 km/h devrait être relevée. Ici, passe l’ange mythique de la « maîtrise » que beaucoup de conducteurs sont persuadés d’avoir de leur véhicule, en tout moment à chaque endroit. C’est bien connu, nous sommes tous des as du volant à qui rien ne peut arriver Jusqu’au moment où ça arrive…

En réalité, la vitesse sur autoroute est déjà relevée. Selon les contrôles, elle est de 126,5 km/h sur les autoroutes en Wallonie (contre 121,4 en Flandre). Ce ne sont pas des ressentis ou des opinions, ce sont des faits. Des faits également : la Belgique et particulièrement la Wallonie, ne parviendront pas à respecter leur objectif de réduction du nombre de morts sur les routes en 2020. Malgré une diminution, nous n’en prenons pas la… route.

Comment y arriver ? Un : en ne modifiant pas les règles dans le sens d’une aggravation du risque. Or, celui-ci augmente avec la vitesse ; c’est un fait. Deux : en crédibilisant les règles grâce à un contrôle effectif, partout. Actuellement, ce contrôle est encore bien trop faible, particulièrement en Wallonie. Le sentiment d’impunité est trop élevé et les différents systèmes d’avertisseurs de radar y contribuent. Petite remarque en passant : l’avertisseur/détecteur/brouilleur de radar le plus fiable, c’est le respect de la vitesse maximale. Et à propos de ce sentiment d’impunité, la lenteur mise par les politiques à étoffer le parc des radars et à installer les très efficaces radars-tronçons sur le réseau wallon laisse franchement accroire que le Wallon, (le francophone ?) a le dédain de la loi chevillé au corps.

Trois : en changeant la culture à l’égard de la vitesse et des autres comportements déviants sur la route. Dépasser la vitesse autorisée, comme boire un verre de trop avant de prendre le volant, sont des attitudes encore trop fréquemment tolérées dans l’opinion publique en Belgique et en Wallonie. Ici, il faudra convoquer davantage que des radars, des policiers et des amendes. Par exemple (liste non limitative) : l’image et la conception même de la voiture et de la mobilité, notamment dans la pub, la fascination pour la vitesse, notre rythme de vie, l’exemple donné par les politiques, les décideurs économiques ou culturels… Ce n’est pas une mince affaire : mais comme souvent, chacun doit assumer ses responsabilités pour le bien de tous.

Allez, tentez le coup : respecter le code de la route, c’est gratuit, c’est sans douleur, c’est bon pour la santé, c’est honorer les autres, et c’est même fun.

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