À quel point les tiques sont-elles dangereuses?

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Parce qu’elles peuvent transmettre à l’homme les bactéries responsables de la maladie de Lyme, les tiques sont de plus en plus étudiées. Le Centre de recherche fédéral, rebaptisé depuis le 1er avril dernier Sciensano, en a analysé 1.599 spécimens en 2017 pour tenter de déterminer la part de ceux qui étaient infectés. Réponse : quelque 14 %.

Quelles tiques ?

Il y a un an, le centre fédéral de recherche incitait les citoyens mordus par des tiques à lui envoyer les insectes dont ils avaient été les victimes. Entre le 1er avril et le 31 octobre 2017, 3.751 spécimens lui sont parvenus. Les équipes scientifiques en ont écarté toute une série, en particulier ceux qui avaient mordu un animal, ceux pour lesquels les circonstances de l’attaque n’étaient pas suffisamment précisées ou encore ceux dont l’état ne permettait plus une analyse. Les 1.599 spécimens restants ont pour leur part été classés selon leur stade de développement et par espèces. Le premier critère a une importance particulière lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux agents pathogènes présents chez les tiques. Successivement larves, nymphes et adultes, elles franchissent en effet chacune de ces étapes de développement au prix d’un « repas de sang », source de croissance mais aussi d’infection potentielle.

Quels enseignements ?

L’analyse de l’ADN des spécimens retenus confirme la validité de la distinction selon le stade de développement. Ainsi, 20 % des tiques adultes sont infectées contre 12 % des nymphes. « Les premières ont été nourries du sang d’un hôte une fois de plus, affirme Tinne Lernout, scientifique au sein de Sciensano. C’est donc logique. Pour autant, les nymphes ne sont pas forcément moins dangereuses. Plus petites, elles sont souvent détectées plus tard après la morsure. Ce qui augmente le risque de transmission de la bactérie. » Les tiques n’ont pas été testées que par rapport à la présence des bactéries responsables de la maladie de Lyme. D’autres agents pathogènes ont été pris en compte. Mais ceux-ci n’ont été trouvés que chez 1,5 à 2,8 % des tiques. À une exception près toutefois : la bactérie Rickettsia Helvetica (présente chez 7 % des tiques), dont le potentiel pathogène reste incertain.

Des zones plus « dangereuses » que d’autres ?

Les résultats des analyses menées par le Centre de recherche fédéral ne permettent pas toutefois de réaliser des comparaisons provinciales sur base des lieux de provenance des tiques collectées. Et pour cause, le nombre de spécimens analysés est trop peu élevé. Selon Tinne Lernout, à ce stade des connaissances, les morsures de tiques semblent favorisées par des facteurs d’environnement et de comportement. « Les tiques apprécient les milieux humides, les endroits ombragés où elles peuvent trouver des hôtes, note Tinne Lernout. Les hommes ne sont que des hôtes accidentels pour elles, qu’elles choisissent lorsqu’elles n’en trouvent pas d’autres. » Et de rappeler en outre que si l’étude relève que 14 % des tiques sont infectées – ce qui correspond grosso modo aux pourcentages observés ailleurs en Europe –, une morsure par un insecte infecté ne signifie pas forcément transmission de la bactérie et développement de la maladie de Lyme. « En Belgique, 1 à 3 % des morsures seulement débouchent sur le développement d’une maladie », note Tinne Lernout.

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