70 ans d’Israël: une «success story» ternie par l’occupation

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Le 14 mai 1948, alors que la guerre faisait rage, l’Etat d’Israël était proclamé à Tel-Aviv par David Ben Gourion. Septante années plus tard, le petit Etat a remporté toutes les guerres, celles qu’on lui a infligées et celles qu’il a décidées. L’Etat d’Israël connaît même une période de grâce. Son économie prospère avec insolence, sa puissante armée a maté tous les voisins, ses écrivains comme ses cinéastes sont encensés et sa représentante vient justement de remporter le prix de l’Eurovision ce samedi. Israël peut aussi s’enorgueillir d’une réussite politique inespérée, le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, qui a lieu ce jour même.

De nombreux Israéliens s’exaltent de ces succès. Des victoires obtenues dans une adversité des plus impitoyables. Une épopée presque incroyable pour cette partie des Juifs qui a cru à cette utopie, le sionisme, le retour sur la terre des ancêtres. « La Terre promise » du « peuple élu », pour instiller une dose de religion dans un destin improbable mais conquérant en réalité né dans l’enfer des persécutions du XIXe siècle et de leur monstrueux prolongement dans la nuit du génocide perpétré par les nazis.

La réalité parallèle de la Palestine

Hélas ! la belle histoire du retour à Sion ne peut occulter une autre réalité, parallèle, funeste celle-là. Car la Palestine n’était pas cette « terre sans peuple pour un peuple sans terre » tant vantée. Les « Arabes de Palestine », comme on disait, se sont forgé une âme nationale dans leur lutte contre le sionisme. Mais ils ont perdu. Ils ont été dépossédés des terres sur lesquelles ils vivaient depuis des siècles. Pour eux, la création d’Israël porte le nom de « nakba », catastrophe.

Une autre date, en juin 1967, a marqué leur infortune, quand Israël s’empara des 22 % de la Palestine d’avant 1948 qu’il ne contrôlait pas. Conséquence : l’Etat d’Israël porte en droit international depuis 51 ans le statut turpide d’« occupant », 51 ans sur 70 ans d’existence…

Certes, depuis près de trois décennies, il existe un « processus de paix ». Beaucoup de processus et pas de paix, en fait. Israël a toujours proclamé sa détermination à conclure la paix. Mais il a peu agi en ce sens, bien au contraire. Comment en effet convaincre de sa volonté de paix quand, en même temps, toute liberté est accordée aux extrémistes qui au sein de la population juive israélienne, ont entrepris de coloniser les territoires conquis en 1967, ces malheureux 22 % de la Palestine originelle ? Pour nombre d’observateurs avertis, ces faits accomplis en territoire palestinien occupé ont annihilé la solution des deux Etats vivant côte à côte. Le triomphe des ultras, aux affaires en Israël, a des relents bien calamiteux.

Et, pourtant, le destin des deux peuples reste lié. « Israël n’est toujours pas un foyer pour les Juifs, vient de lancer l’écrivain David Grossman. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur. »

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