Le ministre iranien Javad Zarif doit répondre des exactions du régime

Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, est en visite ce mardi 15 mai à Bruxelles, où il rencontre plusieurs personnalités européennes (sur cette photo, son entretien avec la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini).
Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, est en visite ce mardi 15 mai à Bruxelles, où il rencontre plusieurs personnalités européennes (sur cette photo, son entretien avec la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini). - Reuters.

Le ministre iranien des Affaires Étrangères est à Bruxelles pour des discussions axées sur la suite à donner à la récente décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran. Javad Zarif est venu rencontrer ses homologues français, allemand et britannique, ainsi que le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Cette visite intervient au milieu d’une vague de mesures liberticides sans précédent en Iran. Les autorités européennes devraient saisir cette occasion pour faire valoir à ce représentant du régime iranien que l’Europe ne peut pas tolérer la poursuite des atteintes graves aux droits de l’homme dans son pays.

Risque accru de conflits

Téhéran est pressé de répondre aux «  préoccupations largement partagées liées au programme balistique de l’Iran et à ses activités régionales déstabilisatrices, en particulier en Syrie, en Irak et au Yémen  », ont déclaré Emmanuel Macron, Theresa May et Angela Merkel, dans une déclaration conjointe le 8 mai. Les ingérences du régime dans ces pays, notamment en transformant la Syrie en tête de pont de sa domination régionale, ont provoqué de vives tensions ces dernières semaines. La livraison de missiles à des milices supplétives (Hezbollah, Houtis, Ansarollah…), risque de provoquer d’autres conflits armés dévastateurs dans la région. L’Europe doit rester ferme vis-à-vis de Téhéran et exiger qu’il se conforme au droit international, notamment à la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui interdit à l’Iran de développer son programme balistique dans le cadre de l’application de l’accord nucléaire de juillet 2015.

Des mesures liberticides en forte hausse

Mais l’Europe ne doit pas uniquement être le relais des inquiétudes américaines et internationales dans les domaines nucléaires et balistiques. Elle doit également être le relais des aspirations du peuple iranien et sa déception des promesses non tenues du gouvernement Rohani en ce qui concerne les droits fondamentaux des Iraniens.

Force est de constater que trois ans après l’accord de Vienne, qui était également censé contribuer à l’ouverture tant annoncée de la scène politique iranienne, aucune évolution n’a été enregistrée dans ce domaine. Avec l’interdiction la semaine dernière de la messagerie Telegramme, très populaire en Iran et soupçonné d’être un outil de mobilisation contre la théocratie, la liste des mesures liberticides des mollahs ne cesse d’augmenter.

Exécutions, tortures, discriminations

Ce régime détient le record mondial du nombre d’exécutions par habitant, dont des dizaines de mineurs et de femmes. Au cours du mandat d’Hassan Rohani, dont M. Zarif a été l’un des principaux responsables, quelque 3.000 personnes ont été pendues dans le pays. Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran a exprimé, dans son dernier rapport, sa vive préoccupation au sujet du nombre élevé d’exécutions, de cas de torture, discrimination contre les femmes, exécutions de mineurs, répression des minorités religieuses, absence de liberté d’expression et l’interdiction de toute activité politique en Iran.

Mise en scène

La propagande dont on nous abreuve sur la prétendue modération de certaines factions au sein de ce régime a été en réalité uniquement destinée à justifier les échanges avec cette dictature intégriste. La pratique du régime iranien confirme que le ministre des Affaires étrangères n’est qu’un simple exécutant des ordres du Guide Suprême. Le jeu entre modérés et durs ressemble plus à une mise en scène théâtrale qu’à une réalité.

Les pays européens doivent tirer les conséquences de cette situation. Les Etats membres de l’UE doivent conditionner la poursuite des relations avec l’Iran à un net progrès sur les droits de l’homme, à l’arrêt des exécutions en Iran et à la fin des massacres en Syrie. Mettre un terme aux ingérences du régime iranien en Irak, en Syrie et au Yémen et à son agressif programme balistique, devrait être une exigence ferme de la diplomatie européenne. C’est un impératif pour la paix, pour la lutte contre le terrorisme dans la région et pour la plupart des pays européens qui en ont tant souffert.

Une lourde responsabilité

Sinon, nouer des relations économiques avec ce régime et recevoir en grande pompe ses dirigeants aboutirait tout simplement à donner carte blanche à Téhéran pour intensifier les exactions contre son peuple et contre le reste du monde. Dans ce cas, l’Europe aura une lourde responsabilité devant l’histoire.

* L’intergroupe des « Amis d’un l’Iran libre » au Parlement européen a été le centre européen de la campagne en faveur de la démocratie et des droits humains en Iran.

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+

Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

1€ pour 1 mois
J'en profite
Je suis abonné et
je dispose d'un compte
Je me connecte
1€ Accès au Soir+
pendant 24h
Je me l'offre
Je suis abonné et
je souhaite bénéficier du Soir+
Je m'inscris

Commentaires

A la une
Tous

En direct

Le direct