Sans automobilité, les villes n’existeraient pas

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Lorsque nous réfléchissons à l’avenir de la mobilité dans nos villes, nous devons penser à leur singularité même, à leur complexité. Une ville n’en est une que si l’on y vit, si l’on y travaille, si l’on y enseigne, si l’on y fait ses courses, si l’on y reçoit des soins hospitaliers, si l’on s’y détend, si l’on s’y croise, si l’on y vit ensemble, si l’on s’y active pour mille et une raisons.

Chaque activité de la ville est assortie d’exigences qui lui sont propres en termes de mobilité. Les entreprises doivent être accessibles pour leurs travailleurs et leurs clients. Une soirée culturelle qui attire les citoyens de la périphérie doit pouvoir accueillir les automobilistes. Les écoles exigent des transports publics efficaces, abordables et bien organisés sans faire l’économie d’une infrastructure sûre pour les cyclistes. Et les citadins méritent des espaces (verts), de la quiétude, une vraie facilité et sécurité de déplacement « intra-muros ». Chacun a droit à sa part de qualité de vie sans en subir les contraintes.

Pour une taxe kilométrique « intelligente »

Il faut donc permettre aux différentes formes et finalités de mobilité de coexister.

Une ville ne peut pas prospérer sans automobilité. Ni aujourd’hui, ni dans le futur. Il faut toutefois promouvoir, pour que tout le monde y trouve son compte, davantage de comodalité, à savoir la conjugaison intelligente de différents modes de transport articulés autour d’une vraie volonté politique de les faire fonctionner. Promouvoir la multi-accessibilité, appréhender les opportunités de manière rationnelle, recourir au moyen de transport le plus adapté en tenant compte du type de déplacement envisagé. C’est à la fois le point fort et le point faible de l’automobile : elle permet de tout faire. Se rendre en voiture chez le boulanger du coin tout comme partir séjourner à l’étranger. Nous sommes encore trop peu stimulés à opter pour l’outil le mieux adapté à chaque déplacement, à participer au partage équitable de l’espace public entre voitures, piétons, cyclistes et motards. Un prélèvement kilométrique intelligent et pédagogique sans être grossièrement taxatoire peut y contribuer. Dans une ville où il y a à certaines heures de la journée déjà beaucoup de voitures, les gens seraient ainsi peut-être plus enclins à se rendre à pied ou à vélo chez leur commerçant local.

Faciliter le stationnement

Pour davantage de fluidité, pour tendre vers un nouvel idéal de comodalité, j’exhorte les pouvoirs publics à créer un maximum d’aires de stationnement en périphérie pour que les citoyens puissent facilement emprunter le tram ou le bus pour aller travailler en ville ou stationner à la gare pour y prendre un train. En préservant la liberté fondamentale du choix, vous pouvez inciter les gens à aller à la bibliothèque à vélo ou en bus pour autant qu’on ne leur impose pas cette seule manière de s’y rendre. La forme de mobilité souhaitée doit être encouragée, la moins souhaitée doit a contrario être découragée. Ce n’est qu’à cette condition que le prélèvement kilométrique intelligent, celui qui aboutira à ce que moins d’automobiles circuleront à la même heure aux mêmes endroits, sera acceptable pour l’automobiliste. A une condition toutefois : qu’il existe des alternatives valables !

Fournisseurs de mobilité

Enfin, nous pouvons et devons continuer à croire aux technologies nouvelles. Des voitures plus économes en termes d’énergie, des véhicules connectés et autonomes, la technologie de la communication et des données… tout sera de plus en plus lié, ce qui ouvre de nouvelles possibilités. Et ce qui peut, à nouveau, influencer l’organisation d’une ville, faire reculer l’occupation des espaces et diminuer les répercussions de la circulation sur l’environnement, faire augmenter l’accessibilité aux différents modes de transport.

Les répercussions d’un glissement possible de la possession vers l’utilisation d’un véhicule, louer une voiture temporairement plutôt que l’acheter, sont encore difficiles à cerner mais sont d’une importance insoupçonnée. Les constructeurs automobiles en sont parfaitement conscients. Ils travaillent activement. Ils deviennent déjà des fournisseurs de mobilité. Penser, organiser et gérer la fluidité d’un voyage qui commence ou se termine en automobile, voire se réalise exclusivement en voiture, constituent l’un des grands défis à venir. A nos gouvernements, maintenant, de découvrir quelle plus-value s’y cache, notamment pour nos villes, et de s’entendre entre eux pour accompagner les différentes solutions !

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