«Pourquoi la Belgique devrait opter pour l’heure d’hiver»

© AFP
© AFP

La Commission européenne a organisé cet été via Internet une consultation sur le changement d’heure. Il en résulte qu’une large majorité souhaite sa suppression. En effet, ce fut une étrange idée qu’eut en 1976 le Président français Giscard d’Estaing de procéder au changement d’heure, appliqué à partir de 1977, en principe destiné à économiser l’énergie et à allonger les soirées ensoleillées en été, fruit de cette curieuse alliance des technocrates et des bobos avec comme résultat l’introduction d’une contrainte supplémentaire dont tout le monde se serait bien passé.

Mais quelle heure faudra-t-il adopter pour toute l’année ? Le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker opte pour le maintien de l’heure d’été.

Comme bien d’autres, au contraire, je plaide pour le retour à l’heure d’hiver comme c’était le cas avant 1977 et ce, pour plusieurs raisons.

L’heure d’été pour les pays arrosés par la Mer du Nord et l’Océan Atlantique a un décalage de 2 heures par rapport à l’heure solaire moyenne au méridien de Greenwich dite UT (Universal Time), autrefois GMT (Greenwich Mean Time) qui n’existe plus depuis l’adoption du Système International d’Unités (SI). En réalité, la Belgique a un décalage réel d’environ 20 minutes par rapport à UT. Donc, l’heure d’été est en avance de 2 h 20 min. En France, la ville de Perpignan (Pyrénées orientales) est située sur le méridien de Greenwich ; donc les villes de Saint-Jean de Luz, Biarritz, Bordeaux sont situées à l’Ouest de ce méridien et ont aussi un décalage de 2 heures en été ! C’est aussi le cas de la côte Nord-Ouest de l’Espagne. Et n’oublions pas la pointe occidentale de la Bretagne qui se trouve à l’Ouest de la côte Sud de l’Angleterre !

Officiellement, on appelle l’heure d’été de l’acronyme CEST (Central European Summer Time), autrement dit l’heure d’été d’Europe centrale, c’est-à-dire celle de Berlin. En prolongeant l’heure d’été, on s’alignera sur celle de la capitale germanique sans compter qu’ainsi, on maintient une absurdité sur le plan géographique.

Ce maintien de l’heure d’été aura en outre d’importantes conséquences sociales qu’on semble ne guère prendre en compte. Les premiers atteints sont les paysans qui doivent se lever plus tôt : la traite des vaches est réglée sur l’heure solaire et non sur l’heure conventionnelle des humains. Le maintien de ce décalage durant toute l’année provoquera de nombreux inconvénients. Les écoles commenceront les cours lorsqu’il fait encore nuit et la première récréation se déroulera dans le noir ! Et n’oublions pas tous les travailleurs qui commencent tôt le matin pour nous rendre des services essentiels : les urgentistes dans les hôpitaux, les infirmières, les pompiers, les policiers, les éboueurs, les cheminots, les chauffeurs de poids lourds et j’en passe. Sur le plan de la santé, cet obligatoire lever nocturne provoquera immanquablement des troubles aussi bien psychologiques que thérapeutiques. Notre « nouveau » monde n’en cause-t-il pas suffisamment ainsi ? Et tout cela pour l’illusion de longues soirées d’hiver à grelotter à la terrasse plutôt qu’à lire et aimer au coin du feu !

Monsieur le Président Juncker, à la fin de votre mandat, par respect de toutes et de tous, proposez, tenant compte des fuseaux horaires, le retour de l’heure d’hiver pour l’ensemble de l’Union européenne !

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+

Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

1€ pour 1 mois
J'en profite
Je suis abonné et
je dispose d'un compte
Je me connecte
1€ Accès au Soir+
pendant 24h
Je me l'offre
Je suis abonné et
je souhaite bénéficier du Soir+
Je m'inscris

Commentaires

A la une
Tous

En direct

Le direct