En France, la politique autrement, c’est maintenant

En France, la politique autrement, c’est maintenant

Et voilà, le Roi est couronné. Emmanuel Macron vient de réaliser le parcours parfait qui tient définitivement de la prouesse. Il y a bien sûr cette abstention énorme, et donc ce rejet de la politique affiché par nombre d’électeurs, mais cela ne change rien dans l’instant à la force du résultat. Qui aurait parié sur le fait qu’un jeune homme sans passé politique et sans parti, sinon le sien, réussirait ce doublé ultime, et de cette manière : présidence trentenaire et hypermajorité parlementaire ? Personne n’a jamais cru que la France politique aurait le visage qu’elle présente aujourd’hui, pas même celui qui en est le principal artisan.

Un parcours sans faute

Au terme d’un parcours sans faute – qu’à l’évidence la chance et les circonstances ont servi, mais c’est souvent la règle pour les audacieux –, celui qui a eu le grand courage d’oser la prise de risque sans filet, se retrouve avec un hyperpouvoir entre les mains. Il ne lui « reste » plus qu’à faire ce qu’il a promis : mettre la France en état de marche, redessiner le projet européen et faire de la politique autrement.

Nombre de bombes minent le parcours de ce président dont la puissance regorge de fragilités. Mais il y en a une dont il doit se garder – la seule d’ailleurs dont il détient le détonateur : céder à cette suicidaire tentation française, de se prendre pour le Roi soleil. Son échec serait alors impardonnable car il devrait tout à l’orgueil.

La France, un laboratoire

Il n’y a pas que les Français qui ont aujourd’hui les yeux rivés sur ce qui va démarrer. En Belgique comme dans l’ensemble de l’Europe, nombre de politiques, de patrons, syndicalistes, citoyens scrutent l’Hexagone de Macron. Ce pays devient le laboratoire de ce qu’on pourrait appeler « l’autre politique », celle dont nombre d’observateurs estiment et/ou espèrent qu’elle pourrait être cette potion magique qui réussirait à la fois à réduire à rien les populistes, à ressusciter la foi dans la démocratie et la politique, tout en remettant sur orbite une économie et un modèle social ringardisés par la digitalisation et marginalisés par la mondialisation.

Le laboratoire Macron pourrait nous permettre de vérifier si le cocktail du neuf, des jeunes, des sans-parti (on veut faire de la politique au-delà des clivages), de la flexibilité (on va adapter les vieux modèles) et d’une nouvelle Europe (on va lui redonner force et efficacité) va marcher, et pour tout le monde.

L’échec serait terrible, surtout s’il est rapide. Pour la France d’abord, qui se retrouverait dans un désarroi politique profond, car privée d’une opposition démocratique qui n’aurait pas eu le temps de se refaire (la mort clinique du PS a été enregistrée ce dimanche).

Mais ce serait aussi une véritable secousse pour la sphère politique européenne, sommée de trouver « autre chose » pour éviter que le renouveau politique suivant ne passe plus par la démocratie, mais par la main des extrémistes ou une révolution des peuples.

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