«Malgré la crise politique, vive la Fonction publique!»

© Pierre-Yves Thienpont - Le Soir
© Pierre-Yves Thienpont - Le Soir

Malgré l’incertitude du moment, malgré l’opportunisme déplacé et l’hypocrisie de certains, malgré la crise politique, je demeure, pour un temps encore, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. Ces matières m’importent au premier chef.

Elles font partie du combat d’une vie : mon combat. C’est à ce titre que je m’adresse à tous. Face à la tempête, le capitaine du navire n’abandonne ni son équipage ni ses passagers. Il doit garder le cap et tenter de poser des actes, y compris symboliques, avec réalisme et lucidité. C’est l’ambition de cette tribune libre.

Ce vendredi 23 juin se tenait, comme chaque année depuis 2003, la Journée des Nations unies pour la Fonction publique. Cette manifestation internationale constitue, pour moi, l’occasion de réaffirmer l’importance des missions de service public et le rôle de ceux qui, chaque jour, s’y consacrent. Nous avons le devoir de leur faciliter la tâche, car l’action qu’ils mènent auprès des citoyens – notamment des citoyens les plus fragiles – est créatrice de liens, c’est-à-dire de sens.

Policières, pompiers, enseignantes, éducateurs sportifs, cheminots ou infirmiers : les femmes et les hommes qui occupent ces fonctions méritent toute notre reconnaissance.

Promouvoir la cohésion sociale

À l’heure où les politiques néolibérales s’attachent, ici comme ailleurs, à saper notre modèle social en dérégulant à tout va, il convient d’en défendre les fondements et les principes. Égalité, solidarité, fraternité : ces valeurs ne sont pas négociables. Elles sont porteuses de cohésion sociale autant que de liberté. Elles rendent possible l’émancipation de chacun dans le respect de tous. L’avenir de notre existence collective en dépend, celui de nos démocraties aussi.

L’humain n’est pas une variable d’ajustement, mais la raison d’être de l’action publique. Les décisions que nous prenons doivent s’efforcer de répondre de façon concrète, rapide et durable aux besoins de nos concitoyens. En ce 23 juin 2017, il nous faut rappeler que la santé, l’éducation ou encore la culture ne sauraient être livrées ni aux logiques marchandes ni à la facilité des privatisations. L’accès de tous à des services publics de qualité doit être garanti. Il en va de la réduction des inégalités et du bien-être collectif.

Réservoir de talents et espace inclusif

En tout état de cause, la Fonction publique représente un formidable réservoir de vocations et de talents. Je le constate jour après jour en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le défi est, à présent, d’accueillir la diversité. Le « vivre-ensemble », l’égalité et le multiculturalisme doivent être activement nourris et entretenus. Notre devoir est d’inclure celles et ceux qui veulent construire une société meilleure et plus juste. Celles et ceux qui veulent se mettre au service des autres.

C’est pourquoi mes équipes et moi travaillons, d’une part, pour une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap, d’autre part, pour une véritable égalité entre hommes et femmes au sein des services publics de notre Fédération.

En matière de handicap, nous avons, en l’espace de quelques années, accompli des progrès notables. Outre des campagnes de sensibilisation, nous conduisons une politique d’encouragement destinée aux personnes handicapées afin de susciter leur candidature aux carrières de la Fonction publique. Leurs vocations sont réelles. Leur motivation l’est aussi.

Quant à la question du genre, notre démarche est également volontariste. Elle veut enrayer la reproduction des stéréotypes. Notre société en est minée. À l’intérieur de la Fonction publique et au-delà, il nous appartient tout autant de corriger que d’éviter les inégalités fondées sur le genre. Toutes les décisions que nous prenons sont désormais « systématiquement et a priori  » examinées en fonction de leur impact sur l’égalité entre hommes et femmes. C’est ce que nous appelons le « Test genre ».

Pour une logique du cercle vertueux

Malgré tout, les relations entre citoyens et Fonction publique sont parfois difficiles. La réputation de lourdeur, de lenteur et de complexité attachée à cette dernière est quasiment proverbiale. Je ne l’ignore pas et me tiens à l’écoute de nos concitoyens et des difficultés qu’ils éprouvent. C’est eux que nous devons servir : telle est notre mission !

Les solutions que nous portons doivent partir de la base et toucher des problèmes concrets. Je sais que de nombreux utilisateurs des services publics dans notre Fédération se plaignent de la qualité de l’accueil. J’entends les critiques qu’ils formulent. Je sais aussi qu’être bien accueilli et rencontrer une oreille attentive constituent les deux premières étapes d’un traitement efficace de la demande. Des réformes sont en marche. Notre intention est claire : créer une véritable culture de l’écoute.

Au reste, je suis convaincu qu’il faut appliquer une approche globale capable d’activer une logique du cercle vertueux. L’amélioration des services destinés aux utilisateurs de la Fonction publique est inséparable d’une simplification administrative, mais aussi d’une modernisation des conditions de travail des fonctionnaires et des contractuels. Partant, un groupe de concertation relatif aux carrières des uns comme des autres s’emploie à définir une politique dynamique, innovante et attractive.

En outre, je souhaite multiplier les possibilités de télétravail en assouplissant les conditions d’octroi. Le nombre de télétravailleurs ne cesse de progresser depuis 2014. Ce dispositif contribue, dans bien des cas, à une meilleure organisation du temps de travail et à une plus grande motivation des agents qui trouvent ici le moyen de réconcilier vie privée et vie professionnelle. Leur efficacité se voit, de la sorte, augmentée. Développer les opportunités de télétravail, c’est tout à la fois faciliter la vie de ces derniers, accroître leur disponibilité réelle, et renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.

Prendre en compte les spécificités de chacun

En fin de compte, la politique que nous menons en Fédération Wallonie-Bruxelles vise une meilleure prise en compte des situations individuelles. Il s’agit, pour nous, de proposer des services taillés à la mesure des utilisateurs. C’est à nous d’aller à la rencontre des citoyens et non l’inverse. La confiance de ces derniers est à ce prix.

La Fonction publique que j’ai toujours défendue, et dont j’ai encore la charge en Fédération Wallonie-Bruxelles, est porteuse d’avenir et de créativité. Ses missions me tiennent profondément à cœur. Efficace et à l’écoute de chacun, je veux qu’elle puisse contribuer à raffermir le socle de notre État social.

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