Fête flamande: le navrant folklore nationaliste

Le discours de Geert Bourgeois pour la fête de la Communauté flamande. ©PhotoNews
Le discours de Geert Bourgeois pour la fête de la Communauté flamande. ©PhotoNews

C’est une pénible tradition. Autour du 11 juillet, jour de la fête flamande, les leaders nationalistes entonnent leur refrain autonomiste, et c’est leur droit, mais livrent surtout un couplet condescendant sur ces Wallons dont l’indigence justifierait l’indépendance flamande.

On n’y a pas échappé cette année encore. Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, estimait ce lundi dans De Morgen que les transferts financiers de la Flandre à la Wallonie ne faisaient pas baisser le chômage, mais n’étaient rien d'autre qu’un « somnifère ». Vous avez aimé les « Wallons junkies » de Bart De Wever en 2010 ? Vous adorerez la métaphore 2017 de Peter De Rover : « Quand une personne se casse une jambe et se retrouve en fauteuil roulant, il ne sert à rien de lui acheter immédiatement de nouveaux pneus pour sa chaise. Il faut qu’elle apprenne elle-même à se revalider. »

La communication de Geert Bourgeois, ministre-président flamand, s’adressant aux francophones pour leur montrer à quel point il est dans leur intérêt de se séparer de la Flandre, n’est pas plus fine. Beaucoup de francophones ne disposent pas de lunettes jaunes et noires seules aptes à déceler ces deux démocraties si chères à la N-VA, et ne sont pas dupes du fait que l’autonomie fiscale, présentée comme la plus grande des libertés, leur transférera gentiment la facture.

Le communautaire touche-t-il encore les Flamands ?

Cette communication paternaliste est inaudible pour les francophones. Mais est-elle plus séduisante aux yeux des Flamands ? On en doute. Après la crise financière, les attentats et la crise migratoire, les appels très « seventies » à lâcher le « boulet » wallon ont moins la cote. Paradoxalement, la N-VA a elle-même amplifié le phénomène en s’installant au fédéral sur les questions qui touchent vraiment les Belges et non plus sur le communautaire. Une stratégie visant, paraît-il, à démontrer aux yeux de tous les bienfaits du confédéralisme, les francophones, ces socialistes, allant rejeter les recettes fédérales très N-VA. C’est raté. Le parti nationaliste ne convainc toujours pas les francophones, pas plus que les Flamands, de se résoudre à la séparation, et même sur le confédéralisme, l’enthousiasme n’y est pas, y compris au nord.

Faut-il pour autant rejeter toute avancée institutionnelle sous prétexte qu’elle viendrait de Flandre ? Certainement pas. Tant les francophones que les Flamands de bon sens estiment qu’une harmonisation des compétences s’impose encore dans certains domaines, mais parfois aussi, en « refédéralisant », pour éviter, par exemple, que quatre ministres ne s’occupent du climat.

Si les nationalistes veulent vraiment convaincre « l’autre démocratie » d’aller plus loin, ils seraient bien inspirés de soigner leurs métaphores…

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