Sur Twitter, Donald Trump est un rustre en 140 signes...

© AFP.
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Lors de son récent passage à Paris, Trump s’est extasié devant Brigitte Macron. « Vous êtes vraiment en forme… », lui a-t-il dit, visiblement surpris que l’épouse du chef de l’Etat français, 64 ans, soit une si belle femme.

Venant d’un autre, cela aurait pu passer pour de la maladresse. Mais vu son nouveau statut, et surtout ses antécédents, c’était surtout une nouvelle preuve de grossièreté. Si on ne changera pas les manières d’un homme de 70 ans, on espérait en revanche que le milliardaire s’apaiserait à la Maison-Blanche. Alors certes, en public et avec un script, il s’est à peu près retenu – retrouvant toutefois sa verve lors de réunions publiques avec ses supporters. Mais sur Twitter…

Si son épouse avait benoîtement annoncé qu’elle profiterait de son rôle de Première dame pour lutter contre le cyber-harcèlement, si certains conseillers, surtout ses avocats, aimeraient le contenir, Trump n’a rien perdu de son agressivité en 140 signes. Evidemment, il n’a pas maintenu le rythme effréné de ses 15 mois de campagne électorale : 500 messages injurieux, visant « 273 personnes, lieux ou choses » avaient été recensés – sans compter ses attaques orales. Désormais, ses cibles récurrentes sont les élus démocrates, « obstructionnistes » parce qu’ils ne votent pas ses lois, ou bien ceux qui lui cause des soucis judiciaires, dont l’ex-patron du FBI. Et bien sûr les « fake news », ces « médias menteurs » qui ne l’ont jamais pris au sérieux.

Pas de demi mesure avec Trump

Le 2 juillet, Trump relayait même personnellement une vidéo, détournée d’un spectacle de catch : on l’y voit tabasser un homme dont la tête a été remplacée par le logo de CNN. « C’est un triste jour quand un président encourage à la violence contre les journalistes », a répondu la chaîne d’information. Il est encore difficile de mesurer les conséquences pour la société américaine d’un tel comportement au sommet de l’Etat, où on ment sans vergogne et cherche des noises en permanence. La mauvaise foi, la violence, et le fonctionnement de Trump sont ainsi résumés par sa passe d’armes récente avec un couple d’animateurs de télévision.

Se moquant de leur audience qui n’a pourtant jamais été aussi haute, il les insulte sans filtre (« Joe le psychopathe » et « Mika la folle au faible QI » qui « saignait du visage à cause d’une chirurgie esthétique »), mais sans doute par dépit, puisque les deux étaient parmi les rares à avoir cru en son destin dès le début – et il les avait alors remerciés pour ça.

Pas de demi-mesure avec Trump : il y a les gagnants et les perdants, et on est soit avec lui, soit contre lui. D’ailleurs, il n’hésite pas à rediriger lui-même vers des articles élogieux, ou à recommander la chaîne conservatrice Fox News. Si deux tiers des Américains disent trouver les tweets de leur président « insultants » et « inappropriés » (voire « dangereux » à 52 %), le noyau dur des fidèles se délecte. Et finalement, beaucoup adorent aussi le détester. Au moindre de ses messages, les félicitations sont noyées sous les injures.

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