L’été pourri de Donald Trump

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Le voilà désormais attaqué sur son terrain de jeu préféré, Twitter. En réaction à la condamnation tardive de Donald Trump après les violences de Charlottesville, Barack Obama a publié une phrase de Nelson Mandela (« personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de sa couleur de peau, ses origines ou sa religion ») sur le réseau social, publication « likée » près de 3 millions de fois.

Un carton pour l’ancien président et une petite gifle de plus pour le nouveau.

Certes, après deux jours d’atermoiements, Trump a fini par déclarer que «le racisme, c’est le mal» mais, d’une part, c’est bien la moindre des évidences et, de l’autre, ces 48 heures ont été catastrophiques pour l’image du président, critiqué de toutes parts. Normal, somme toute, pour un homme qui a prôné un discours islamophobe, misogyne et isolationniste durant toute sa campagne. Un homme qui, sous le feu des questions ce mardi, a défendu sa première réaction aux violences  : « Il y a eu des torts des deux côtés. » Mais il y a un temps pour gagner des voix et un temps pour gouverner et aujourd’hui, ces critiques pourraient porter un coup décisif à Steve Bannon, le plus célèbre des conseillers de Trump et chef de la stratégie de la Maison-Blanche. On évoque en effet de plus en plus un limogeage pour le sulfureux personnage.

On verra si Bannon résiste à cette crise ou pas mais, de manière plus générale, un sentiment de chaos se dégage de l’entourage et de l’action de Trump depuis des semaines. Entre le Russiagate, la crise coréenne, la résistance de l’Obamacare, les allées et venues de ses conseillers et, désormais, les tensions raciales, il est difficile d’y voir clair dans la politique du président américain.

Trump, ses réactions lapidaires et improvisées

On a cru, lors de son arrivée à Washington en janvier, que Trump, en spécialiste du marketing et de la communication, allait jouer une petite musique déjà utilisée par Berlusconi, à l’échelle italienne, en son temps : je dis une énormité, le monde entier réagit à l’énormité, pendant ce temps je passe au sujet suivant qui entraînera à nouveau un flot de réactions, et ainsi de suite. Je garde dès lors la main sur les événements et tout tourne autour de moi. Je dicte le tempo et je reste le maître du jeu. Mais pour maintenir un tel système, il faut aussi… concrétiser des projets. Bref, faire de la politique. Et là, on sait que le bilan est maigre, voire inexistant. Et donc, aujourd’hui, Trump est, au contraire, dans la réaction aux événements plutôt que dans leur création. Réactions improvisées, lapidaires ou tardives, selon les dossiers. Réactions qui le font plonger dans les sondages à un niveau d’impopularité jamais vu aux USA.

On peut d’ailleurs craindre que ces sondages ne le ramènent pas vers une sérénité pourtant bien nécessaire pour l’instant. Mais, à l’inverse, exacerbent son côté imprévisible. Comme dans un terrible cercle vicieux.

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