La gestion des migrations: une responsabilité européenne

La gestion des migrations: une responsabilité européenne

Même si l’Europe continue à faire face à des pressions migratoires élevées, la situation actuelle et celle d’il y a seulement deux ans sont aussi différentes que le jour et la nuit.

Ce n’est pas maintenant que la Commission découvre ce problème. Lorsque le président Juncker a pris ses fonctions, il a créé la fonction de commissaire chargé de la migration parce qu'il savait que la migration devrait être la priorité numéro un de notre mandat. J’ai été fier de relever le défi et nous avons depuis lors œuvré ensemble à une approche européenne de la gestion des migrations.

Nous avons déjà réalisé des progrès considérables, en accomplissant plus au cours des deux dernières années que ce qu'il avait été possible de faire pendant les vingt années précédentes. Qu'il s’agisse de sauver des vies en mer, de s’attaquer aux causes profondes des migrations, de réduire les flux en collaborant avec des partenaires tiers, de protéger nos frontières grâce au nouveau corps européen de garde-frontière et de garde-côtes, d’offrir des filières de réinstallation sûres et légales, de faire preuve de solidarité dans l’Union envers les États membres les plus touchés, mais aussi hors de nos frontières à l’égard des pays voisins qui accueillent un grand nombre de réfugiés – notre approche globale donne déjà des résultats concrets.

Si une ligne de conduite plus homogène se dégage peu à peu pour faire face au phénomène, il reste toutefois beaucoup à accomplir pour renforcer la confiance entre nous et parvenir à surmonter les défis de la migration à long terme tout en en récoltant les fruits de manière cohérente et globale.

Obligation humanitaire

Soutenir ceux de nos États membres qui sont les plus touchés et endiguer les flux le long de la route de la Méditerranée centrale figurent en tête de nos priorités. En Méditerranée orientale, nous avons repris le contrôle la situation. Depuis la déclaration UE-Turquie de mars 2016, le nombre de franchissements de la frontière grecque depuis la Turquie est passé de 10.000 (nombre de franchissements constatés en une seule journée en octobre 2015) à une moyenne d'environ 80 par jour. Globalement, le nombre d'arrivées dans les îles grecques en provenance de la Turquie a chuté de 98 %.

Toutefois, la Libye n’est pas la Turquie et nous ne pouvons conclure avec la Libye le même type d’accord que celui qui nous lie à la Turquie. Dans le cadre de notre action en Méditerranée centrale, il convient plutôt de nous efforcer de sauver des vies en mer, d’améliorer la situation là où nous le pouvons en Libye, d’aider les migrants qui y sont bloqués à retourner dans leur pays d’origine et de décourager les traversées illégales et dangereuses par bateau. L’un des éléments essentiels pour y parvenir consiste à offrir des voies d’accès sûres et légales pour les véritables réfugiés. L’Europe doit se montrer à la hauteur de l’obligation humanitaire qui est la sienne d’aider les personnes qui fuient la guerre et les persécutions. En juillet, nous avons demandé à tous les États membres de l’UE de nous indiquer, d’ici au mois de septembre, de combien de réfugiés ils seraient disposés à assurer la réinstallation à partir de la Libye et des pays voisins au cours de l’année à venir. L’UE continuera à soutenir ces efforts, en mobilisant 10.000 euros pour chaque personne réinstallée par un État membre.

Renforcer la coopération

J’espère que la Belgique contribuera à ces efforts d’endiguement des flux le long de la route de la Méditerranée centrale. La Belgique peut y participer en augmentant sa contribution financière au Fonds fiduciaire UE-Afrique afin de remédier aux causes profondes des migrations, en mettant du personnel à la disposition des agences de l’UE qui exercent des activités en Italie et en offrant des places pour la réinstallation légale de véritables réfugiés directement à partir de la Libye et des pays voisins.

Un autre élément essentiel demeure le retour et la réadmission. C’est dans ce domaine que l’Union doit à présent peser de tout son poids pour s’assurer de la coopération des pays tiers, qui devraient reprendre en charge leurs ressortissants lorsque ceux-ci arrivent dans l’UE en tant que migrants économiques. Il existe déjà des exemples positifs d'une telle coopération, notamment notre coopération avec le Niger, qui a permis de réduire drastiquement les flux de migrants transitant par ce pays, mais il convient désormais de reproduire cet exemple ailleurs. Pour avancer, nous devons être plus audacieux. Notre politique en matière de visas pourrait par exemple être utilisée comme moyen de pression, le cas échéant, sur des pays comme le Bangladesh, afin d’accélérer la réadmission des migrants arrivant en Italie. Je ne doute pas que nous pourrons compter sur l’aide de la Belgique dans ces efforts.

Dans les mois à venir, nous continuerons à présenter des idées nouvelles et créatives susceptibles de contribuer à trouver des solutions dans ce domaine. Nous poursuivrons également nos efforts pour parvenir à un compromis équilibré sur la réforme du droit d’asile de l’UE. Selon la Commission, ce compromis doit s’appuyer sur tous ceux qui font preuve de solidarité et servir les intérêts de l’Union européenne dans son ensemble.

Je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons répondre au défi de la migration. Mieux encore, si nous travaillons ensemble, je suis certain que nous pourrons en récolter les fruits.

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