La sécurité: une priorité européenne

La sécurité: une priorité européenne

Des attaques terroristes ont une nouvelle fois frappé l’Europe ces derniers jours, en Espagne, et en Finlande, démontrant une fois encore qu’aucun pays n’est aujourd’hui à l’abri de tels événements tragiques.

Ce sont des actes lâches. Rien ne peut justifier une telle violence meurtrière.

Face au terrorisme, nos citoyens nous demandent à juste titre de faire plus que condamner les faits survenus. Garantir la sécurité des citoyens relève en premier lieu de la responsabilité des Etats membres, et c’est également l’une des priorités de la Commission européenne. Promettre que de telles attaques ne se reproduiront plus est impossible. Le risque zéro n’existe pas. En revanche, nous pouvons rendre la tâche plus difficile aux terroristes.

Armes, argent et mobilité

Pour agir, les terroristes ont besoin d’armes. Nous avons adopté cette année une nouvelle législation rendant plus difficile l’accès aux armes à feu les plus dangereuses, comblant ainsi des failles qui avaient été tragiquement exploitées par les auteurs des attaques à Paris il y a deux ans. Nous poursuivons également notre combat contre les trafics d’armes, notamment dans les Balkans. Nous avons également renforcé les contrôles sur les matériaux permettant de fabriquer des explosifs.

Pour agir, les terroristes ont besoin d’argent. En décembre dernier, nous avons proposé de nouvelles mesures pour lutter contre le blanchiment des capitaux, assurer le gel et la confiscation des avoirs terroristes et renforcer les contrôles sur les mouvements illicites d’argent liquide.

Pour agir, les terroristes doivent se déplacer. Nous avons rendu leurs déplacements plus difficiles. Depuis le mois d’avril dernier, toutes les personnes entrant et sortant de l’espace Schengen sont désormais contrôlées à travers les fichiers de sécurité. Le système de fichiers passagers européen (PNR), adopté en avril 2016, permettra un partage d’information sur les déplacements aériens à destination, au départ et au sein de l’Union européenne. Il est en cours de mise en œuvre, même si certains Etats membres ont encore du travail à faire. La Commission a également proposé un système européen d’information et d’autorisation de voyage, permettant de contrôler les citoyens de pays tiers dispensés de visas avant même leur venue sur le territoire européen. Enfin, des mesures sont en préparation afin de permettre de renforcer l’interopérabilité de nos différentes bases de données pour rendre plus difficile le fait qu’un terroriste puisse s’enregistrer sous des identités multiples et ainsi passer à travers les mailles du filet.

Evoluer et contrer

Les terroristes ne restent pas immobiles et nous ne devons pas l’être non plus. Dès que nous prenons des mesures pour lutter contre les moyens d’action terroriste, ils en trouvent de nouveaux. Nous devons nous aussi évoluer en permanence pour les contrer.

Il nous faut également agir en amont, et prévenir la radicalisation dans nos communautés comme sur l’internet. Le Réseau européen de sensibilisation à la lutte contre la radicalisation soutient les praticiens des Etats membres, et leur permet d’échanger et de développer ensemble de bonnes pratiques. Le Forum européen sur l’internet regroupe les entreprises de l’Internet et les Etats membres afin de faciliter la détection de la propagande terroriste en ligne, puis de la supprimer. L’Unité d’Europol dédiée au référencement sur internet signale les contenus à caractère terroriste ; en moyenne, 90 % de ces contenus sont ensuite retirés. Et nous travaillons avec les fournisseurs d’accès afin de mettre en place des outils de détection automatique de ce type de contenus. La nouvelle législation européenne relative à la lutte contre le terrorisme a permis d’ériger en infractions certains actes, comme le fait de voyager dans les zones de combat ou de recevoir un entraînement au terrorisme.

Renforcer la sécurité

La Commission européenne travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales et locales afin d’améliorer la protection de cibles dites « molles », tels que les espaces publics ouverts, les aéroports, les gares, les écoles ou les hôpitaux. C’est dans ce cadre que je me rendrai à Nice le 29 septembre prochain, à la rencontre des responsables locaux du réseau des villes euro-méditerranéennes qui se réuniront pour échanger sur les bonnes pratiques permettant de lutter contre la radicalisation et de renforcer ensemble la sécurité de leurs citoyens.

L’Europe a déjà été confrontée à la menace terroriste. Mais celle-ci est aujourd’hui globale : elle vise nos modes de vie européens, cherche à diviser nos communautés, attaque nos valeurs.

En matière de sécurité, les autorités nationales restent en première ligne, mais l’Union européenne peut et doit apporter un soutien significatif afin de renforcer le partage d’information, stimuler la coopération et réduire l’espace disponible au développement et à la propagation du terrorisme.

Lorsque le terrorisme frappe, les citoyens font preuve de solidarité et de compassion envers les victimes, et de détermination à ne pas céder à la terreur. Je suis Paris, Je suis Londres, No tinc por. Nous devons montrer cette même solidarité et cette même détermination, et redoubler d’efforts au niveau local, national et européen afin de combattre ceux qui cherchent à nous nuire.

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