Etats-Unis: le come-back risqué de Barack Obama en politique

Depuis New York

Le messie est de retour. Du moins pour les démocrates américains, inconsolables depuis la traumatisante défaite de Hillary Clinton à l’élection présidentielle, le 8 novembre 2016, face au trublion Donald Trump. Cet automne, Barack Obama devrait faire un come-back remarqué sur la scène publique : l’ex-44e président des Etats-Unis, nostalgique des joutes fédérales et inquiet du tour que prend le règne chaotique de son successeur, compte se mobiliser pour son parti à la dérive, incapable depuis sept mois d’orchestrer une résistance active face à l’Administration Trump.

Il manque aux démocrates des leaders jeunes et enthousiastes, un programme lisible, et sans doute un peu de ce charisme électrique que véhiculait l’ex-sénateur de l’Illinois. Obama, certes, ne prévoit pas de reprendre les rênes de la gauche, ni de monopoliser la parole : il veut se concentrer sur les opérations de levée de fonds et les apparitions de « guest-star » en faveur de candidats tels que Ralph Northam, en lice pour le poste de gouverneur de Virginie. Plaider aussi pour une réforme de la justice criminelle et contribuer à faire émerger « une nouvelle génération de jeunes talents » politiques, ainsi qu’il le confiait en décembre sur la radio NPR News.

L’obsession de Trump

Ce retour n’est pas sans danger. Véritable obsession de Donald Trump, Barack Obama s’est abstenu jusqu’ici de répondre aux insultes et aux attaques sur Twitter, toutes destinées à déprécier son «héritage» – qu’il s’agisse du programme d’assurance-maladie universelle Obamacare, de la préservation des terres fédérales, de la protection de l’environnement et de l’accord de Paris sur le climat, du rapprochement diplomatique avec Cuba et l’Iran, ou du financement des cliniques pro-avortement. « Donald Trump ne cesse de faire allusion à Obama et de se comparer à lui », témoigne Derek Chollet, ancien secrétaire adjoint à la Défense. « Un retour d’Obama sur le devant de la scène offrirait à Trump, en perte de vitesse avec sa base (militante), une chance inespérée de réinsuffler de l’énergie à une majorité républicaine à la dérive », observe Julian Zelizer, historien à Princeton.« Trump pourrait à nouveau le poursuivre de ses foudres, ajoute Carl Jillson, politologue à la Southern Methodist University.De son point de vue, il ne pourrait y avoir de meilleure nouvelle ».

Le choix tient donc de la quadrature du cercle : sans Obama, point de salut pour un Parti démocrate sans âme et qui, de toute façon, ne pourra bâtir autour de lui pour les échéances de 2020 et au-delà ; avec lui, point de salut non plus face à des conservateurs requinqués par un retour de « l’antéchrist ».

Alors, ira, ou ira pas ? En toute franchise, l’ex-président ne s’est pas exactement tourné les pouces depuis la passation de pouvoir du 20 janvier : après une pause au soleil des Caraïbes en compagnie du magnat britannique Richard Branson, patron de Virgin, il a arpenté la planète, se portant à la rencontre de la chancelière allemande Angela Merkel, du Premier ministre canadien Justin Trudeau ou du Prince d’Angleterre, Harry. A Berlin, en mai, il a participé à un forum sur l’avenir de la démocratie, dénonçant les interférences russes en Europe comme aux Etats-Unis. Même Emmanuel Macron a reçu son soutien enthousiaste, à la faveur d’un message vidéo adressé le 4 mai aux électeurs français, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle. A chaque fois, sa présence médiatique aurait, dit-on, rendu fou de rage l’occupant de la Maison Blanche, exaspéré par cet encombrant fantôme. Un rôle de poil à gratter qui ne semble pas déplaire au jeune retraité, tandis qu’il continue de façonner sa reconversion.

Le shérif Arpaio sauvé par Trump

AFP

Donald Trump avait demandé au procureur général Jeff Sessions de renoncer à poursuivre l’ancien shérif controversé Joe Arpaio, l’un de ses fervents soutiens finalement condamné en juillet. S’inquiétant au printemps dernier de la tournure que prenait l’affaire de ce shérif trop zélé contre les immigrés hispaniques, le président a demandé à Jeff Sessions «  s’il serait possible que le gouvernement classe le dossier pénal contre Arpaio ». Il s’est vu répondre que ce serait inapproprié. Après cet entretien, M. Trump a décidé de laisser l’affaire être jugée et, au cas où le shérif serait condamné, de gracier ensuite celui-ci, selon le journal. Ce qu’il a fait vendredi soir, a annoncé la Maison-Blanche.

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct

     
     

    Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

    Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

    1€ pour 1 mois
    J'en profite
    Je suis abonné et
    je dispose d'un compte
    Je me connecte
    1€ Accès au Soir+
    pendant 24h
    Je me l'offre
    Je suis abonné et
    je souhaite bénéficier du Soir+
    Je m'inscris