Benoît Lutgen a joué, le MR a gagné

Benoit Lutgen © Le Soir/Bruno D’Alimonte
Benoit Lutgen © Le Soir/Bruno D’Alimonte

Le 19 juin, Benoît Lutgen a fait un rêve. Un pari plutôt : renvoyer le PS dans l’opposition dans les trois entités fédérées, malgré l’alliance conclue avec lui, pour cinq ans, en 2014. Deux bons mois plus tard, le président du CDH n’a réussi son pari que dans une entité sur trois : la Wallonie. En Communauté française et en Région bruxelloise, ni Défi ni Ecolo n’ont voulu le suivre dans sa (nouvelle) stratégie, l’empêchant ainsi d’atteindre la majorité parlementaire nécessaire au renversement d’alliance.

Alors oui, Benoît Lutgen a installé une coalition de centre-droit à Namur, inédite depuis 1988. Oui, il a contribué, en quelques semaines, à faire bouger les lignes en matière de gouvernance comme rarement auparavant. Oui, il a conservé tous ses ministres, toutes ses compétences francophones.

Reste que le parti qui a (surtout) gagné dans l’aventure, ce n’est pas le sien : c’est le MR.

Très isolé depuis sa participation au fédéral comme seul parti francophone et avec la N-VA, le MR est désormais replacé au centre du jeu. Benoît Lutgen n’en a pas seulement (re)fait un partenaire fréquentable : à l’heure où l’on écrit ces lignes (et l’on sait que tout peut rapidement changer en politique), il l’a rendu (quasi) incontournable. Car en 2019, le PS n’aura pas oublié « la trahison » de Lutgen. S’il est toujours président du CDH, il n’y aura pas de coalition rouge orange. Et Défi, qui n’a pas davantage apprécié le procédé, ne sera pas facilement un allié non plus – même s’il n’a pas le même poids électoral.

Le CDH pourra bien sûr convoler avec le MR. Mais pour cela, il faudra qu’il pèse encore son lot d’électeurs. Donc qu’il ne perde pas trop de plumes au scrutin. Ce qui, au vu des derniers sondages, n’est pas garanti.

Grâce à Benoît Lutgen, c’est donc le MR qui aura sans doute le choix du partenaire en 2019. Et si le CDH n’a pas assez de sièges pour lui assurer une majorité, le parti libéral pourra se tourner vers le PS. Car son président, Olivier Chastel, s’est gardé, lui, de traiter le parti socialiste en infréquentable. Outre que, contrairement à Benoît Lutgen, il n’est pas responsable de l’actuelle crise francophone.

Bien sûr, en politique, un an et demi, c’est un siècle. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici 2019 (même un retour en grâce du PS) qui rendraient cette analyse obsolète. En attendant, dans les rangs bleus aujourd’hui, on dit merci qui ? Merci Benoît !

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