Diables rouges: Vertonghen-Ceulemans, un Jan en efface un autre

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Ce samedi, à Sarajevo, Jan Ceulemans ne sera plus seul sur le piédestal d’où il a un point de vue imprenable sur le football belge depuis sa 96e et dernière apparition sous le maillot tricolore. C’était le 27 février 1991 face au Luxembourg, date dont la trace s’effacera déjà un peu en ce 7 octobre 2017 pour disparaître définitivement du palmarès mardi, lors d’un Belgique-Chypre qui intronisera Jan Vertonghen comme le recordman du nombre de sélections.

Un peu plus d’un quart de siècle (26 ans, 7 mois et 11 jours pour être précis) s’apprête donc à faire partie du passé. Cette période, Ceulemans l’a traversée, sans doute un peu malgré lui, comme un hommage en continu à son énorme impact sur l’équipe nationale.

Ah, ce fameux « Caje » et son surnom de patois de bistrot ! Si casanier et si taiseux, mais si fondamentalement bon. Comme il est sans doute le premier à le souhaiter depuis longtemps, il rentrera donc dans le rang dès aujourd’hui. On aurait pu penser que cet instant allait passer à la postérité par l’entremise d’un joueur d’au minimum sa dimension. Une star, un calibre, un balèze. Il n’en sera rien car c’est en réalité Jan Vertonghen qui se présente aujourd’hui aux marches de la cérémonie. Pas vraiment un grand expansif, pas non plus un premier rôle. Mais une valeur sûre, un gros vécu et une tête bien faite. Un joueur tranquille, conscient de ce qu’il vaut et de ce qu’il ne vaut pas.

Voilà pour le côté cour. Côté foot, le gaucher anversois n’est peut-être pas une machine de guerre, mais c’est un véritable rouleau compresseur affichant une régularité de métronome (96 fois sur le terrain en 100 caps) qui renforce une légitimité que certains grincheux seraient peut-être tentés de lui contester au nom du talent pur. C’est avant tout un fidèle serviteur que les 96e (record égalé) et 97e sélections (record battu) viendront récompenser ces jours-ci.

Vertonghen sera donc celui qui reprendra le flambeau pour lui faire franchir sans aucun doute le cap de la centaine de… caps. Et intégrer ainsi le club plus très fermé des 197 joueurs comptant, de par le monde, un nombre de sélections à trois chiffres. Lorsqu’il franchira cette barre mythique dans cinq matchs (sans doute en mars), le défenseur de Tottenham demeurera cependant encore loin, très loin du record mondial de 184 sélections détenu par l’Egyptien Ahmed Hassan.

Contrairement à la chevauchée de Ceulemans à travers le temps, celle de Vertonghen ne devrait pas être de longue durée. Davantage encore que les Witsel (84 sélections), Fellaini (79) et autre Alderweireld (71), (proches) trentenaires qui suivent Vertonghen au palmarès des joueurs encore en activité, c’est surtout du côté des plus jeunes, tels Hazard (79), Lukaku (62), De Bruyne (54) et surtout Courtois (52), qu’il faudra aller chercher celui qui placera la barre à des hauteurs vertigineuses. Peut-être même à plus de 150 sélections. Qui sait…

Entre-temps, même s’il n’est pas devenu le nouveau Ludo Coeck comme on le lui prédisait au début de sa carrière internationale avant un recul par défaut au poste de back gauche, Jan Vertonghen ne doit surtout pas bouder son plaisir. Comme ses devanciers et comme ceux qui lui succéderont en haut de ce tableau d’honneur, Vertonghen ne s’est pas fait tout seul. Il fallait, outre un pied gauche de dynamiteur et un sens aigu du placement défensif, qu’il soit entouré par une génération exceptionnelle pour accéder à son nouveau statut. Un point commun partagé par les deux Jan, l’ancien et le nouveau. Mais si le premier fut de l’épopée mexicaine en 1986, qui déboucha sur un autre record toujours d’actualité (une 4e place en phase finale de Coupe du monde), le second émarge à une lignée ayant de l’or en barre à la place des studs mais qui attend toujours avec une certaine impatience de devenir la plus performante de l’Histoire du football belge.

C’est sur ce point précis de la performance collective, bien loin d’une simple addition d’un nombre de sélections, ce qui fait la différence entre les deux recordmen. Et, jusqu’à preuve du contraire l’an prochain en Russie, entre deux générations.

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