Che Guevara glorifié: que se passe-t-il à l’ULB?

Che Guevara glorifié: que se passe-t-il à l’ULB?

Lundi 9 octobre dernier, le groupement des Etudiants de Gauche actifs de l’Université libre de Bruxelles annonçait la tenue d’une conférence rendant hommage au révolutionnaire cubain Ernesto Guevara. En effet, le 9 octobre 1967, le « Che » avait été exécuté par l’armée bolivarienne. Les affiches de l’organisation d’extrême gauche placardées à l’ULB titraient : « Un révolutionnaire honnête, défenseur du socialisme démocratique qui continue d’inspirer des générations de jeunes à travers le monde ».

Etrange introduction pour un personnage qui est responsable de la persécution de ses opposants politiques. Plus de 100.000 Cubains ont été emprisonnés pour leur opposition politique, 30.000 sont morts en essayant de s’enfuir de l’île et un nombre absolument choquant de plus de 16.000 personnes ont été exécutées par ces « révolutionnaires honnêtes ».

Eloges communistes

Voir une conférence qui glorifie Che Guevara n’est pas un événement spécialement étonnant à l’ULB. Stickers du Che, symboles de la faucille et du marteau, relativisme moral des crimes communistes dans les flyers des activistes d’extrême gauche : les éloges communistes dans l’établissement sont plus que fréquents et plus rien ne semble choquer les étudiants.

L’idéologie communiste a tué un total de 94 millions de personnes tout au long du 20e siècle et ce n’est que récemment que nous avons surmonté les divisions du continent européen qu’avait causées cette idéologie destructrice. Que pourraient en penser les familles des victimes du régime cubain ou tout autre victime du communisme, en Chine, en Tchécoslovaquie ou en RDA ? Que penseraient-ils de ces jeunes adolescents en Belgique, qui n’ont pas pris la peine d’étudier l’histoire et qui s’organisent sur le campus pour glorifier d’immondes personnages communistes ?

Cette interrogation ne se limite pas aux étudiants, on peut s’étonner que l’université elle-même affiche sur son site internet que Joseph Staline s’est vu attribuer le titre de Docteur Honoris Causa de l’ULB. Même si ces remerciements ont été attribués aux vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale, on devrait tout de même se demander pourquoi une université belge se targue d’honorer un dictateur responsable de la mort de plus de 60 millions de personnes.

Etrange tolérance

Revendiquer la liberté d’expression et de pensée au sein de l’université est une chose essentielle mais on imagine mal l’université autoriser des événements glorifiant Philippe Pétain ou Heinrich Himmler. Il y a là une étrange tolérance envers les bouchers communistes ; comme si le meurtre était plus tolérable lorsqu’il est ordonné par une chemise rouge plutôt que brune.

La conférence des Etudiants actifs de Gauche de lundi dernier a été finalement annulée et remplacée par une conférence qui prônait l’idée de créer une Catalogne socialiste. Il ne reste plus qu’à espérer que ces étudiants ne proposeront pas les mêmes mesures violentes pour établir le paradis socialiste tant désiré par leur modèle cubain.

Manque d’information et de savoir

Soyons clairs : le communisme n’est pas une utopie d’adolescents qui enrichit son esprit d’étudiant ; c’est une idéologie dangereuse qui a causé des dégâts à travers tous les continents durant le 20e siècle et qui perdure encore aujourd’hui dans certains pays. Il ne s’agit pas d’ostraciser ces mouvements et le public qu’ils attirent mais de soulever l’incapacité de notre système éducatif d’enseigner l’horrible histoire du communisme. Les crimes du national-socialisme sont bien connus, mais il est désolant de voir le manque de savoir qu’ont beaucoup d’étudiants quand il s’agit du communisme. Ce manque d’informations sert principalement aux activistes d’extrême gauche qui arrivent à endoctriner, au sein même des institutions éducatives supérieures, une génération qui formera nos futurs professeurs, journalistes et électeurs.

Il n’est pas question d’interdire aux étudiants d’organiser des événements et d’exprimer leurs idées, mais il serait temps d’en appeler à la raison et de leur conseiller d’éviter de sympathiser avec l’extrême gauche. Nous devons prendre conscience de notre histoire pour éviter de répéter les erreurs du passé.

Staline n’est pas « hip », Mao n’est pas « top » et Che Guevara n’est certainement pas « cool » ou « honnête ». Ces personnes ont causé et ordonné la mort de millions d’êtres humains et l’idéologie qu’ils partageaient continue à en détruire autour de la Terre. Il serait temps de mettre fin à ces idées nauséabondes qui cherchent à « redresser » les citoyens par l’usage de la force de l’Etat en commençant par être plus sérieux sur l’enseignement de l’histoire dans nos écoles et universités.

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