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Francken et le coup de couteau dans le dos de Charles Michel

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Mais quelle stupidité ! C’est la seule conclusion qu’on devrait tirer de la sortie du secrétaire d’Etat Theo Francken sur une hypothétique demande d’asile de l’indépendantiste Puigdemont et qui a plongé la Belgique ce dimanche dans le ridicule sur la scène internationale. Une sortie d’autant plus stupide qu’inutile. Theo Francken avait toutes les raisons de se taire sur ce coup-là : primo, le Premier ministre Charles Michel est le porte-parole d’une position nuancée sur l’affaire catalane qui satisfait par ailleurs la N-VA, secundo, cette attitude a mis la Belgique en situation délicate vis-à-vis du gouvernement espagnol, tertio, le secrétaire d’Etat n’est pas ministre des Affaires étrangères et surtout, la question de l’octroi de l’asile à M. Puigdemont n’est pas d’actualité.

Seulement voilà, Theo Francken n’est pas stupide. Et c’est en parfaite connaissance de cause qu’il a joué à l’un de ses jeux favoris : donner verbalement des gages aux nationalistes flamands, en se défendant après coup de tout acte fédéral fautif. Et tant pis pour les dégâts collatéraux causés à son Premier ministre, à son gouvernement et à son pays.

Faire perdre la face à la Belgique

Pauvre Charles Michel ! Il n’est décidément pas remercié pour la mansuétude dont il fait preuve à l’égard de son secrétaire d’Etat –  dont les dérapages ont fait l’objet de recadrages légers jamais suivis d’effets  –, voire pour les risques qu’il prend en adoptant des positions publiques qui abondent dans le sens des nationalistes flamands, que ce soit sur le Soudan ou sur la crise catalane.

« Il y a un problème Francken », écrivions-nous récemment. Avec la circonstance aggravante cette fois, que c’est la politique de son gouvernement qu’il déjuge, et que la fragilisation du Premier ministre et du gouvernement fédéral causée par ses sorties verbales , n’est plus confinée à l’espace belge, mais est exposée sur la scène européenne.

Ce week-end, Theo Francken a peut-être gagné des points chez ses ultras mais il a fait perdre la face à la Belgique et à Charles Michel.

Les Européens peuvent désormais penser que le positionnement courageux du Premier ministre belge - quasi seul à dénoncer les violences lors du référendum catalan et à lancer un appel au dialogue -, n’était pas le fait du chef d’un Etat qui a des convictions, mais d’un chef de gouvernement sous pression des nationalistes de son exécutif. Sur le fond, ils seraient aussi fondés à s’interroger : la Belgique soutient-elle les indépendantistes catalans contre le gouvernement espagnol et accepterait-elle subsidiairement, une demande d’asile de M. Puigdemont ?

Et donc non, Monsieur le Premier ministre, ce week-end, Theo Francken n’a pas « mis de l’huile sur le feu ». Il est sorti de son rôle, a manqué du sens des responsabilités et ce faisant, vous a planté un nouveau couteau dans le dos. L’histoire dira si c’est sur ordre de son parti.

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