Paradise Papers : riches de tous pays, les «nains» vous saluent bien

Une nouvelle fuite, et elle frappe cette fois le monde anglo-saxon : la reine d’Angleterre, les proches du Premier ministre canadien, le premier cercle du président Donald Trump – excusez du peu –, tous éclaboussés par une houle constituée de millions de documents fuités. Et nous d’applaudir au fracas furieux de vagues médiatiques qui balayent les rades offshore les plus reculées.

Pourtant, le secret fiscal semble tenir bon. Depuis bientôt cinq ans, OffshoreLeaks, LuxLeaks, Malta Files ou Panama Papers pilonnent l’univers planétaire de l’offshore sans en saper les fondements de manière décisive. La plupart de nos élus ne cessent de promettre que la justice fiscale doit être une priorité de nos politiques nationale et internationale, que plus jamais, pas en notre nom, à l’insu de notre plein gré, je ne savais pas. Mais où sont les ripostes concrètes, MM. Van Overtveldt, Geens, Michel ?

Car il suffit. Les Panama Papers et la commission parlementaire qui en a résulté nous ont appris une chose : une minorité de partisans de l’évasion fiscale ne se cachent plus, ils s’expriment, éructent, quelques-uns sont même élus et salariés du peuple, ont table ouverte au Parlement. Ceux-là jouent l’inertie, le désenchantement du monde, la force tranquille du « on a toujours fait comme cela » et caressent avec bonheur le mot de Jean Gol : les journalistes, en définitive, ne sont que des « nains ». Dormez sur vos écus, brave gens.

C’est pourquoi des journaux comme Le Soir ont compris qu’il ne suffirait pas d’une seule vague de protestations, que l’éthique fiscale serait un combat, une longue marche pour la décennie qui vient. Mais une quête pour laquelle nous ne craignons plus d’être des « nains ». En hobbits aux longs pieds, nous avons modifié nos méthodes de travail pour mieux coller à cette mutation technico-industrielle qui facilite la mondialisation et l’offshoring, mais qui nous offre aussi les fuites à répétition dont nous faisons notre sel malin. Et comme il sied aux nains, nous avons appris à creuser ces mines d’archives gorgées de pépites.

Ces « Paradise Papers » vous gâchent le déjeuner et vous attendez que passe la houle ? Soit. Nous serons patients. Mais d’autant plus confiants que la vague de révélations suivante est déjà grosse.

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