Samusocial: «J’avais envie de m’engager, de me rendre utile»

A voir l’état du monde aujourd’hui, Virginie avait envie de s’engager davantage.
A voir l’état du monde aujourd’hui, Virginie avait envie de s’engager davantage. - Pierre-Yves Thienpont/Le Soir.

La soirée débute plutôt calmement. « C’est souvent le cas, durant les premières heures, il y a assez peu de patients. Mais ça se remplit rapidement. Notamment après la deuxième vague d’entrée. Il nous arrive régulièrement de ne pas pouvoir recevoir tout le monde dans la soirée », explique Virginie Peters.

Virginie est coordinatrice d’un centre médical pour Médecins du monde (MDM) dans le cadre du Plan Hiver du Samusocial. Cette année a été difficile pour le Samusocial, victime du scandale qui a mis fin aux carrières d’Yvan Mayeur et Pascale Peraïta. Dans la tourmente, le Samusocial a toutefois résisté. Et, heureusement pour les sans-abri de la capitale, l’organisme continue d’offrir un toit et des lits pour passer les nuits les plus froides de l’année. Et les bénévoles, comme Virginie, sont restés. Envers et contre tout. « Nous avons un partenariat avec le Samusocial. Concrètement, ils nous prêtent des locaux pour y tenir des permanences médicales. Les lundis, mercredis et jeudis. Le mardi soir étant une soirée réservée à la pédicure médicale », explique notre interlocutrice.

Le coup d’envoi est plutôt calme mais est quand même donné avec son lot de stress. Ici, on installe la table qui servira de réception pour éviter les embouteillages, là, on prépare les chaises de la salle d’attente. On enfile les vareuses au logo de MDM. A 18h30, le briefing est censé commencer. Mais on attend encore deux bénévoles retardataires. Finalement, on commencera sans eux.

Virginie donne les derniers conseils « Il est super-important que vous communiquiez entre vous. Par exemple, il n’est pas rare que les infirmières aillent plus vite que le médecin, il faut donc prévenir à l’accueil pour ne pas distribuer de ticket trop rapidement ». Ou encore : « N'oubliez pas de refermer l’armoire à pharmacie à clé. Mais ne mettez pas les clés en poches, ça évitera des surprises ».

En tout, ils sont 150 bénévoles à travailler pour Médecins du monde dans le cadre du Plan Hiver. « Chaque soir de consultation nous avons besoin de deux personnes qui gèrent l’accueil, deux personnes à l’infirmerie et un médecin pour les consultations en tant que telles et les prescriptions. 150 personnes cela peut sembler beaucoup, mais on doit tenir de novembre à avril dans trois centres et on demande aux bénévoles de prester deux soirées par mois ».

Virginie, elle, preste beaucoup plus puisqu’elle coordonne les consultations du centre de la rue Royale « Nous sommes six coordinateurs en tout. Deux pour chaque centre. Et nous effectuons tous l’équivalent d’un mi-temps huit mois durant. Avant la mise en route du plan, il faut mettre en place les plannings, briefer les bénévoles, faire en sorte que chacun s’inscrive à la formation, veiller à ce que l’on ne manque pas de matériel, etc. Et pendant les premières semaines on essaie de rester présents pour répondre aux dernières questions. Puis progressivement, à mesure que les bénévoles gagnent en autonomie, on espace nos présences ».

Un boulot assez conséquent, surtout quand il est bénévole. « J’ai toujours gravité autour du secteur associatif. Au départ j’ai travaillé pour du lobbying pour la sensibilisation au diabète. Puis j’ai travaillé comme gestionnaire de projet au théâtre de la Monnaie. Mais devant le constat de l’état du monde aujourd’hui, j’avais envie de m’engager davantage. Or pas besoin de faire le tour de la planète. Il est déjà possible d’agir concrètement ici. C’est donc ce que j’ai décidé de faire. J’ai donc commencé à réfléchir sérieusement et à m’organiser. Financièrement, ce n’est bien sûr pas tenable de faire cela indéfiniment. L’an prochain je devrais retrouver un emploi rémunéré mais j’avais envie d’être utile ».

Et c’est aussi pour être utile que Virginie s’est tournée vers Médecins du Monde. «  Au-delà du travail effectué sur le terrain, l’action de MDM est aussi celle de “plaidoyer”. L’association se veut en effet être le relais des problèmes au monde politique. Si un dispositif comme le Samusocial qui accueille pas loin de 1.000 personnes par nuit à Bruxelles, est obligé d’exister et que MDM y prodigue des soins, c’est que quelque chose ne tourne pas rond, que les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur de leurs missions ».

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