Le chemin de croix du PS (bruxellois)

Philippe Close s’est défendu au conseil communal de lundi. © Dominique duchesnes.
Philippe Close s’est défendu au conseil communal de lundi. © Dominique duchesnes.

Gouvernance ! Ils doivent se mordre les doigts au PS de ne pas avoir organisé des sessions intensives et obligatoires de coaching pour les membres du parti, histoire que cela rentre dans les esprits, mais surtout dans les pratiques. Faute d’avoir raté cette « marche », les rouges vivent un chemin de croix qui avait démarré à une époque à Charleroi, pour ressurgir il y a un an à Liège (Publifin), et qui semble avoir pris ses quartiers désormais à Bruxelles.

Les membres du PS bruxellois s’insurgent dans nos colonnes ce mercredi car ils se font assassiner dans l’affaire du Gial – la Flandre, N-VA en tête, s’en donne à cœur joie – alors qu’elle a été mise à jour suite à un audit qu’ils ont eux-mêmes commandité. « On met fin à une pratique et c’est un scandale », commente l’un d’eux. Il a factuellement raison mais, hélas pour ce parti, l’opération « mains propres » lancée dans la foulée de l’affaire du Samusocial – qu’il faut saluer –, révèle à chacun de ses tournants, l’ampleur de ce qui dysfonctionnait dans la machine de gestion socialiste à Bruxelles. Quand le bourgmestre Close annonce récemment qu’on a baissé les rémunérations à la Ville, qu’on a éliminé 450 mandats, qu’il a personnellement décumulé et réduit son salaire de 35 %, difficile pour certains de ne pas se dire que sans le séisme du Samusocial, on en serait toujours à subir une organisation nourrissant une armée mexicaine sur le compte du citoyen.

Complexe de Calimero

Les partenaires politiques des socialistes au pouvoir ne sont pas exempts de responsabilités – on le voit pour Défi dans l’affaire du Siamu ou pour le MR à la Ville de Bruxelles –, mais la Flandre, elle, ne fait pas dans le détail et en profite pour dénoncer un système PS. Avec une N-VA qui entretient joyeusement le brasier maintenant qu’elle sent la possibilité d’éjecter les socialistes du pouvoir bruxellois, après le fédéral.

Les socialistes bruxellois souffrent du même complexe de Calimero que leurs frères liégeois : ils dénoncent l’acharnement des observateurs et des ennemis politiques en oubliant un peu vite qu’ils se sont mis tout seuls la corde autour du cou. Ah, que n’ont-ils respecté les règles de gouvernance dès le départ ! Ah, que n’ont-ils remis de l’ordre dès les premières indications de dérapage ! Ah, que n’ont-ils compris que la permanence au pouvoir exige une vigilance encore plus grande envers les abus !

Résultat : ils ne sont pas à la dernière station de leur chemin de croix. Les détracteurs auront ainsi beau jeu d’insinuer qu’il y a encore des cadavres dans les placards et l’opération lancée par le bourgmestre Close à la Ville de Bruxelles va continuer à faire mal, façon sparadrap qu’on décolle lentement. Mais le PS a tout intérêt à poursuivre sa remise au net, en totale transparence, et à s’assurer là où il exerce un pouvoir ou une gestion (par exemple à Brussels Expo, ou bientôt au Musée Kanal) que ses mandataires politiques sont dans les clous de cette fameuse gouvernance.

L’affaire Gial le prouve : ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes sur ces questions, les autres n’ont pas l’intention de les épargner.

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