Veviba: une question belgo-belge et européenne

Le scandale Veviba ne révèle pas seulement une fraude commerciale. C’est aussi une fraude sanitaire qui porte atteinte à la santé du citoyen.
Le scandale Veviba ne révèle pas seulement une fraude commerciale. C’est aussi une fraude sanitaire qui porte atteinte à la santé du citoyen. - Sylvain Piraux.

Le droit à la santé, reconnu par la législation belge ainsi que par la législation européenne, a été gravement violé ! En effet le cas Veviba n’est pas seulement un « cas » belgo-belge mais également un « cas » européen. Le Règlement européen 178/2002, établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l’Autorité alimentaire de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires, en son article 14 qui porte sur les « prescriptions relatives à la sécurité des denrées alimentaires » établit qu’« aucune denrée alimentaire n’est mise sur le marché si elle est dangereuse ». Et pendant des années, d’autres Règlements européens se sont succédé sur le même sujet, à savoir : Régl. 852/2004, Régl. 853/2004, Régl. 882/2004, Régl. 1169/2011 sur les étiquettes.

Des dysfonctionnements en série

En Belgique, depuis vingt années, des faits de cette même nature se sont produits régulièrement, pour rappel : 1995 l’Affaire Karel Van Noppen, le vétérinaire assassiné pour avoir mis son nez dans la mafia des hormones ; 1997, le scandale de la vache folle ; 1999, les poulets à la dioxine ; 2017, les œufs au fipronil jusqu’à ce dernier fait.

Ces dysfonctionnements internes à la Belgique ont manifestement des répercussions au niveau européen, ce dont on ne parle pas suffisamment. Une rapide visite sur Google et voici ce que nous trouvons sur la mission de l’AFSCA  : « Notre mission est de veiller à la sécurité de la chaîne alimentaire et à la qualité de nos aliments, afin de protéger la santé des hommes, des animaux et des plaintes ».

Des mauvaises nouvelles en cascade

Manifestement, ladite mission n’a pas été correctement accomplie vu que depuis 2016 personne ne savait qu’un commerçant d’une petite ville frontalière du Kosovo, Prizren, avait dénoncé auprès des autorités qu’un des conteneurs qu’il a acheté en Belgique renfermait de la viande avariée. Et pourtant déjà à l’époque de l’« alerte » le Parquet de Liège avait ouvert une instruction. Maintenant l’on apprend qu’il a fallu attendre plus d’un an et demi pour que les premières perquisitions aient lieu. Et depuis quelques jours, les informations se succèdent, la dernière étant que le même abattoir aurait vendu de la viande sous l’étiquette « bio » alors qu’elle ne l’était pas…

Un temps de réaction trop long

Or on nous raconte que de la viande âgée de 12 ans ne serait pas « dangereuse » et pourtant il s’avère que les 20 tonnes de viande arrivées au Kosovo ont bien été détruites ! De deux choses l’une : ou bien la viande incriminée répondait aux prescriptions sanitaires et dans ce cas on se demande pourquoi elle aurait été détruite, ou bien elle ne répondait pas aux dites prescriptions et dans ce cas, faut-il se demander pourquoi le Parquet de Liège a attendu tout ce temps avant de réagir. Ce qui est certain c’est qu’à ce jour, nous n’avons pas de réponse claire et le citoyen non seulement belge mais également européen se sent désabusé. L’AFSCA, sur son site, définissant ses qualités, énonce, l’un après l’autre, ces mots : qualitéhonnêteprofessionnalismecommunicatifcompréhensifouverturedynamiquediscrétionrespectéquitéraisonnableclairacceptablefiableintégritétransparentconsciencieuxconfiance. Eu égard à l’actualité, il est difficile d’y croire !

Il ne suffit pas d’information, le citoyen exige l’action. En l’occurrence il ne s’agit pas uniquement d’une fraude commerciale mais avant tout d’une fraude de nature sanitaire qui porte atteinte à la santé du citoyen. Seule la Justice, pilier de tout État de droit, pourra restaurer la confiance perdue.

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