Kanal, un projet qui fait un bien fou à Bruxelles

Le choix du site du Canal est courageux autant qu’évident.
Le choix du site du Canal est courageux autant qu’évident. - Pierre-Yves Thienpont.

Kanal est né sur la plage d’Ostende, il y a cinq ans : le gouvernement bruxellois y avait fait deux rêves, un stade et un musée. Le premier s’est transformé en cauchemar politico-sportif, le second devient réalité ce vendredi. Et l’on doit presque se pincer pour y croire. Parce que l’histoire de la capitale est émaillée de projets avortés par la lasagne institutionnelle, le manque de moyens ou les rivalités politiques. Parce que la transformation de l’ancien garage Citroën en centre d’art moderne et contemporain semblait une ambition trop grande pour la Région. Parce qu’à peine évoquée, l’idée semblait n’enthousiasmer personne.

En soixante mois, Rudi Vervoort, ministre-président, et Yves Goldstein, son ex-chef de cabinet en charge du projet, ont démontré qu’il n’est pas interdit d’oser à Bruxelles. Et ils ont eu raison de ne pas se résigner au plus petit dénominateur commun, fruit des compromis à la belge, ou de s’arrêter à la polémique sur la politisation de l’institution…

Oui, le choix du site est courageux autant qu’évident. Le Canal reste une fracture ; la résorber, en œuvrant au renouveau social, économique, urbanistique, de ses rives et au-delà est une priorité absolue pour les autorités bruxelloises. Choisir la culture comme vecteur de développement constitue une première, salutaire.

Oui, la politique culturelle relève désormais (aussi) de la Région, depuis la sixième réforme de l’Etat qui lui transfère la compétence des « initiatives biculturelles d’intérêt régional ». Et elle l’exerce à bon droit, a fortiori quand le gouvernement fédéral désinvestit ses musées, laissant dans les caves ses collections d’art moderne.

Oui, le choix du bâtiment était pertinent. On peut regretter l’occasion manquée d’un geste architectural fort. Mais on ne peut que saluer le sauvetage d’un joyau patrimonial dans une ville qui en a expédié tant à la casse.

Oui, la Région a eu raison de s’unir à Pompidou parce qu’il ne fallait pas laisser le bâtiment vide durant les quatre années de procédure administrative et de travaux. Pour ce faire, un acteur majeur, qui a déjà travaillé à Bruxelles sur d’autres initiatives, s’imposait comme partenaire.

Et oui, des interrogations subsistent. A quoi ressemblera le projet définitif de Kanal, en 2022 ? Portera-t-il le développement du quartier, de la ville ? Les citoyens s’en empareront-ils ? Confirmera-t-il Bruxelles comme un des hauts lieux de la création en Europe au 21e siècle ? Ces questions, légitimes, devront trouver réponse dans les prochains mois, en associant les différents niveaux de pouvoir, les acteurs culturels, le privé, les Bruxelloises et les Bruxellois.

D’ici là, détracteurs, sceptiques ou convaincus, poussez les portes de Kanal, Bruxelles ne nous avait pas habitué(e)s à pareille ambition et cela fait un bien fou.

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