L’équipe nationale? Bon pour Charles, moins pour Bart

Le Premier ne boude pas son plaisir face aux Diables... qui le lui rendent bien.
Le Premier ne boude pas son plaisir face aux Diables... qui le lui rendent bien. - Photo News.

L’extraordinaire performance des Diables rouges peut-elle avoir un impact sur l’échiquier politique belge, à la veille de la double séquence électorale des communales (le 14 octobre) et des législatives, régionales et européennes (26 mai) ?

Les Diables ne vont pas tout faire basculer, mais on ne doit pas pour autant exclure un effet Diables, surtout s’ils devaient accéder à la finale. « Après la victoire de l’équipe de France en 1998, la cote de popularité de Jacques Chirac, président, et de Lionel Jospin, Premier ministre, a subitement monté, se souvient Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l’ULB. Globalement, ce qu’on observe après ce genre d’événements, c’est que les forces politiques centripètes sont favorisées et les forces centrifuges rejetées. Ainsi, toujours après la victoire des Bleus, la cote de popularité de Jean-Marie Le Pen a fléchi. Mais tout cela ne dure qu’un temps. »

Effet limité dans le temps

Si l’on transpose le raisonnement à la Belgique, la monarchie pourrait se trouver servie, tout comme le Premier ministre. Charles Michel a annoncé qu’il ne se rendrait pas en Russie pour cette demi-finale. En revanche, le roi Philippe soutiendra les Diables aux côtés de la reine, dans les tribunes de Saint-Petersbourg. « Il est normal qu’ils se mobilisent. C’est la “soft diplomacy”, valoriser l’image du pays quand ils le peuvent. Et il y a, effectivement ici, une carte à jouer pour le rayonnement de la Belgique à l’étranger. »

Avec, accessoirement, un bénéfice électoral ? « En général, l’effet positif éventuel est très limité dans le temps, mais dans le cas qui nous occupe, les élections sont très proches. Un impact limité est possible, mais c’est à vérifier, dit Pascal Delwit. Mais s’il y a quelques pourcents à prendre, notamment dans la lutte à laquelle se livrent le MR et le PS pour la place de premier parti, pourquoi pas ? »

A Anvers aussi, l’effet Diables pourrait jouer aux communales. « La majorité de Bart De Wever est courte, et un report vers des forces politiques autres que la N-VA ou le Vlaams Belang pourrait compliquer la formation de la future coalition. »

Tout ceci nous amène évidemment à la N-VA. Le parti nationaliste pourrait-il pâtir de cet élan belgicain ? Dans les rues de Louvain, ce vendredi, on voyait plus de drapeaux tricolores que de lions des Flandres. Et les ténors du parti nationaliste ont plutôt fait profil bas. Sur leurs réseaux sociaux, il était plutôt question de Werchter ou de… la pêche à la crevette que des Diables rouges, ces dernières heures.

Entre deux chaises

Tout l’art, pour la N-VA consiste à ne pas critiquer les Diables, vu la ferveur, mais à ne pas se lancer non plus dans une ode à l’équipe dite nationale, pour laquelle certaines éminences de la N-VA ont déjà dit avoir des sympathies. Ce fut assez bien illustré ce week-end par Theo Francken, qui s’est contenté, comme d’autres, de relayer cette image de Manneken Pis arrosant Neymar. Ou par Bart De Wever, qui a pendu un drapeau flamand à sa fenêtre, sans plus… Ajoutons à cela que les discours officiels de la fête flamande sont généralement prononcés le… 10 juillet, soir du match, et on mesure l’inconfort de la période. « Mais l’euphorie n’aura qu’un temps, et la communication de campagne, où la N-VA a fait ses preuves, reprendra rapidement en septembre », prédit Pascal Delwit.

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