Philippe, le Roi qui règne à l’ombre

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Philippe, le Roi lisse ? C’est ce qu’on pourrait conclure de ses cinq premières années de règne qui n’ont été marquées par aucun excès ou expression saillante. Ce que certains pourraient déjà considérer comme un objectif atteint.

Le nouveau souverain marche sur une poutre étroite, autorisé à remplir une fonction mais sans que cela se voie vraiment, ou alors de façon cadrée et discrète. Comme si le mot d’ordre était : « Règne à l’ombre. »

Un chef d’Etat protocolaire ? Par bien des aspects, oui : son rôle politique est quasi inexistant et son influence, d’apparence. Mais ce serait injuste de le comparer avec ses prédécesseurs, que ce soit le très intervenant Baudouin, ou le très vibrant Albert II. Les circonstances actuelles sont en effet extrêmement différentes, car potentiellement explosives, avec une N-VA séparatiste et républicaine au gouvernement. Toute action ou prise de parole est soumise à une prudence de Sioux : surtout ne rien faire qui précipiterait la fin de la monarchie, ou celle de la Belgique.

La discrétion du Roi et son comportement, plus que jamais aligné sur celui du gouvernement, préservent les intérêts du Premier ministre Charles Michel, qui serait très embarrassé par des attitudes ou prises de position royales plus marquées. Même l’empathie est sous contrainte. Sous d’autres cieux, on aurait vu ou entendu le Roi s’exprimer avec enthousiasme et soutien envers la Plateforme citoyenne qui héberge les réfugiés du parc Maximilien. Et la seule allusion belgicaine autorisée semble devoir se limiter aux Diables rouges.

Coincé entre les difficultés du monde (et de l’Europe), l’équilibre d’un gouvernement sous haut contrôle nationaliste et les incartades de ses proches (Laurent, Delphine, les parents Albert et Paola), le couple royal peut juste exprimer cette volonté forcenée de servir l’image et l’économie du pays, mû par la volonté de bien faire autant que tétanisé par la peur de mal faire.

Le couple royal a atteint les nouveaux objectifs, extrêmement définis et limités, dans les prés carrés très convenus qui lui ont été fixés, avec une simplicité et une classe que, dans ce pays, on préfère à la flamboyance. Sur ce point, la monarchie fait l’unanimité. Ce qui, vu le contexte, est une sorte de prouesse.

On dit le Roi très attaché à des valeurs. De quoi se départir de l’extrême prudence actuelle si la configuration politique le lui dictait ? Le futur reste à écrire.

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