Le terrorisme d’Etat du régime iranien doit être combattu

Les services de renseignement belge, français et allemands annonçaient le 2 juillet l’arrestation d’un diplomate iranien en poste à Vienne, Assadollah Assadi, le lendemain d’un rassemblement en France de plus de 100.000 opposants iraniens. Il projetait de provoquer le bain de sang au grand rendez-vous du mouvement qui se présente comme l’alternative au régime islamiste. Quel doit être la réaction des chancelleries européennes face à un terrorisme d’Etat ?

Sur base des informations obtenues, il ressort que le couple recruté pour accomplir le macabre projet, Amir S. et Nasim N., arrêté à Bruxelles le matin de 30 juin par la police belge, transportait 500 grammes de TATP, une charge d’explosif puissant, identique à celui utilisé dans les attentats de novembre 2015 à Paris et de 2016 à Bruxelles. Elle leur a été livrée par Assadi, chef des opérations européennes d’espionnage et de sabotage du ministère iranien du Renseignement (VEVAK) contre les opposants farouches au régime des mollahs.

L’opération qui aurait pu provoquer des centaines de victimes, visait en autre la dirigeante de l’opposition, Maryam Radjavi, et ses nombreux hôtes européens, américains et arabes réunis à Villepinte, Paris-Nord, pour défendre la solution de changement d’un régime en Iran. Les anciens ministres français Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy et Rama Yade, l’ancien premier ministre canadien, Stephen Harper, ancien maire de New York avocat du président américain, Rudy Giuliani et des dizaines de parlementaires, dont plusieurs députés belges et eurodéputés assistaient à ce rassemblement de dizaines de milliers d’Iraniens et de leurs sympathisants.

L’année dernière, nous avons participé aussi dans ce grand rassemblement annuel de la résistance iranien qui á eu lieu en même endroit comme cette année. La justice suit son cours et les autorités belges ont exigé l’extradition du diplomate iranien. Si les faits sont avérés, la réaction de l’Europe face à cet acte de terrorisme sans précédent de la part de Téhéran sur le sol européen doit être exemplaire. Des mesures les plus fermes doivent être prises contre les commanditaires de ce complot terroriste. Les activités d’espionnage et de sabotage contre les opposants doivent être réprimées sévèrement et une plus grande protection doit être accordée aux représentations de la Résistance iranienne dans les capitales européennes.

La fébrilité terroriste des mollahs a plusieurs explications Mais il convient de s’interroger sur les raisons profondes derrière cette dérive terroriste de Téhéran. La tentative d’assassinat de masse contre les opposants n’est pas étrangère à la crise grave et inédite que traverse le régime islamiste et qui fait douter de ses capacités de survie. En janvier dernier éclatait un vaste mouvement de révolte dans des dizaines de villes iraniennes contre la vie chère et pour la fin de la dictature religieuse. L’ampleur et l’étendue des manifestations ont secoué les fondements du régime. Amnesty International a dénoncé la violence de la répression qui a fait une cinquantaine de tués par balles ou sous la torture dans les geôles iraniennes.

Depuis, les grèves et les manifestations des divers corporations et catégories sociales ont continuées sans relâche aux quatre coins du pays : les travailleurs, les agriculteurs, les camionneurs, les enseignants et universitaires, les commerçants du bazar, les femmes et les jeunes qui s’opposent au code vestimentaire obligatoire… protestent avec des slogans à caractère économique, mais qui se transforment vite en rejet de la dictature d’Ali Khamenei, le Guide suprême au pouvoir absolu en Iran. « A bas la dictature », « lâchez la Syrie, occupez-vous de nous », « l’ennemi est ici, on nous ment que c’est l’Amérique », sont des slogans régulièrement repris dans les manifestations qui se transforment souvent en révolte populaire.

Englué dans la crise économique et dans le refus d’une vraie démocratie, le pouvoir craint sérieusement pour sa survie. L’effritement grandissant de sa base et de ses organes sécuritaires ont fait apparaître l’isolement du pouvoir qui accuse régulièrement le mouvement de résistance entre autre des Moudjahidine du Peuple (OMPI) d’être derrière les troubles. L’opposition, entre autre celle de l’étranger, est devenue un ennemi à abattre par tous les moyens. Si à l’intérieur cela se passe par l’emprisonnement et les exécutions, hors des frontières il doit recourir à d’autres méthodes.

D’abord Téhéran a usé de pression diplomatique pour faire cesser les activités des opposants sur le sol européen. Hassan Rohani est intervenu en janvier dernier auprès de son homologue français pour lui demander de sévir contre le CNRI (Conseil National de la Resistance Iranienne), dont le siège européen est basé en banlieue parisienne. Emmanuel Macron a rejeté la demande iranienne, insistant sur la liberté d’expression et de manifestation pour les opposants politiques dans un pays où règne l’État de droit. Toute porte à croire que face à l’échec diplomatique, le régime est passé à l’acte pour éliminer physiquement le leadership de l’opposition.

Selon les informations révélées par le mouvement, qui affirme les avoir obtenues de ses sources au sein du pouvoir iranien, Ali Khamenei, Hassan Rohani et le commandement des Gardiens de la Révolution (pasdaran) ont cautionné cette décision collective. L’arrestation d’un diplomate iranien, a mis met en évidence l’implication du régime ainsi que ses méthodes pour arriver à ses fins. Ainsi, le régime a révélé sa crainte de l’alternative démocratique qui a par ailleurs marqué des points diplomatiques notables ces derniers mois sur la scène internationale. Dans sa fuite en avant tragique, le régime risque de récidiver.

Il est impératif que la Belgique et les chancelleries Européennes, au terme de l’enquête menée par la justice, prennent des mesures d’une grande fermeté pour faire cesser les activités malignes des représentations diplomatiques iraniennes en Europe, sous peine de les considérées comme des centres d'espionnage et de préparatifs terroristes. Le combat du peuple iranien pour le changement de régime, qui ne peut venir que de l’intérieur et sans intervention étrangère, doit être reconnu et soutenu par les démocrates européens qui ainsi contribueront à l’indispensable processus du changement dans ce grand pays qu’est l’Iran.

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