Carte blanche: «Le centre fermé 127bis n’est pas le nouveau Parc Disney!»

Les familles qui n’ont pas le droit de séjourner en Belgique et qui n’ont pas donné suite à l’ordre de quitter le territoire se verront placées dans des unités familiales à Steenokkerzeel.
Les familles qui n’ont pas le droit de séjourner en Belgique et qui n’ont pas donné suite à l’ordre de quitter le territoire se verront placées dans des unités familiales à Steenokkerzeel. - belga

L ’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur (…) en dehors de toute considération de race, de nationalité, de croyance. » Déclaration de Genève (1924). Subséquemment aux atrocités de la Première Guerre Mondiale, il fallait agir diligemment pour garantir la protection de tous les enfants en visant leur bien-être et leur développement à tout prix. Ce qui a conduit l’élaboration de la déclaration de Genève (1924) qui intègre la singularité, la fragilité et la sensibilité de l’enfant. Puis, il y eut la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) signée (1990) et entrée en vigueur (1992) par la Belgique. Elle comporte 4 principes fondamentaux : « La non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à la vie, à la survie et au développement et le respect de l’opinion de l’enfant. »

« Un enfant heureux, c’est un enfant qui est à la fois sécurisé et dynamisé. » Boris Cyrulnik (psychanalyste et survivant de la Shoah, 1937). Lorsqu’une personne a soif, nous lui proposons à boire. Lorsqu’elle a faim, nous lui proposons à manger et lorsqu’elle est dehors dans la nuit, nous lui proposons un toit. Les enfants qui ont quitté la guerre, la famine, la souffrance et l’exclusion ne demandent qu’un refuge, en d’autres mots, d’être protégés. L’intérêt de Monsieur Théo Francken semble assouvi en envoyant les enfants en détention forcée. Cependant est-ce que l’intérêt supérieur de l’enfant est rencontré conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) signé par la Belgique ? Je ne crois pas. Est-ce qu’une mère enfermerait son propre enfant en cage ? Je ne pense pas.

Risque de mal-être permanent

Est-ce qu’en Belgique, il est possible d’incarcérer des enfants sans délit commis ? Oui. Des décors en trompe l’œil ne mettront jamais de confusion dans notre perception et notre rapport à l’autre. Donnez-lui l’emballage qui vous plaira « unité familiale » ou « maison pour famille » ou « centre fermé » ou « centre de rapatriement 127bis » mais nous savons bien, vous et moi, que cela ressemble très fort à un traitement inhumain et dégradant. Lesdites « unités familiales » sont dotées d’éléments matériels néanmoins ceux-ci ne répondront jamais à la carence du respect des valeurs humaines. Et si les grillages métalliques, autour du centre de détention, étaient présents pour les protéger eux de notre inhumanité. L’impact négatif, sur la santé physique, mentale et sociale, est considérable. Sachez que le bruit des atterrissages et décollages d’avions ne sont pas des berceuses. Les émanations des pots d’échappement d’avion ne sont pas des bulles de savon. Et le traumatisme mental causé par cet enfermement n’est pas anodin. La violence morale infligée aux enfants conduira pour la plupart à des troubles cognitifs et psychologiques faramineux inhibant ainsi le développement du bien-être de l’enfant.

Notre indifférence face à la souffrance de l’autre peut créer un mal-être permanent chez l’autre. En conclusion, je me tiens aux côtés des 281 organisations belges, dont notamment Ciré ASBL, Vluchtelingenwerk Vlaanderen et JRS Belgium, pour clamer mon indignation et pour déclarer résolument qu’aucun enfant n’est illégal, qu’aucun enfant ne doit être enfermé et surtout que tous les enfants sont libres et égaux en droits dès leur naissance (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 – Article 1). Enfin, l’avenir d’un enfant ne se détruit pas mais il se construit.

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