Le stockage des déchets nucléaires pour les nuls

Le stockage des déchets nucléaires pour les nuls

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Quoi ?

Un déchet radioactif ressemble à n’importe quel type de déchet. Ils « se composent de toutes sortes de substances, de matériaux, d’outils, d’appareils, de conduites et de revêtements de protection qui ne peuvent plus être utilisés », explique l’Ondraf. Avec un point commun : ils émettent un rayonnement ionisant, très riche en énergie, qui peut « endommager des tissus vivants et représenter un danger pour notre santé ». Ce qu’on appelle la radioactivité. Or il faut du temps, beaucoup de temps, pour que cette radioactivité redescende sous les seuils tolérés. D’où la nécessité de stocker ces déchets à l’abri des hommes.

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D’où ?

Le cas le plus connu, ce sont les déchets nucléaires, produits par les centrales de Doel et Tihange. On parle du combustible usé, mais également des pièces de rechange utilisées dans ces centrales, ou des vêtements de protection utilisés par le personnel. Mais la recherche scientifique, la médecine, l’agriculture ou l’industrie produisent aussi des déchets radioactifs. Des matières radioactives peuvent être utilisées pour radiographier les soudures de canalisations, ou pour prolonger le temps de conservation de certains aliments. Et toutes ces techniques produisent des déchets, à gérer par l’Ondraf.

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Combien ?

Tous les déchets ne sont pas traités de la même manière. D’un côté, on a les déchets faiblement radioactifs et à courte durée de vie (dits de catégorie A). On parle surtout du matériel des centrales et des hôpitaux (emballages, seringues, vêtements). Puis il y a les déchets un peu plus radioactifs (catégorie B), et les hautement radioactifs (catégorie C), majoritairement issus des centrales nucléaires. On prévoit, à terme, environ 11.000 m3 de déchets B, et 700 m3 de déchets C. Sans compter le combustible usé des centrales, qui est aujourd’hui refroidi dans des piscines sur les sites nucléaires où il devra rester jusqu’en 2080.

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Où ?

Le sort des déchets A est réglé, en Belgique : ils seront entreposés en surface sur le site de Dessel, vraisemblablement à partir de 2022-2023. Pour les déchets B et C, la solution partagée par la majorité des instances est celle du stockage géologique. En bref, on les enterre profondément, en les enfermant dans un container ultrarésistant qui doit tenir au moins dix siècles. Ensuite, on s’arrange pour que la couche de sol empêche les déchets de remonter à la surface avant un million d’années. Le temps qu’il faut pour calmer les rayons ionisants.

Mais à ce stade, le gouvernement belge n’a toujours pas tranché en faveur de cette option d’enfouissement géologique. Et encore moins sur la commune qui aura l’honneur d’accueillir ces déchets nucléaires.

5 Quand ? En mars dernier, l’Ondraf proposait un planning indicatif pour le stockage à long terme des déchets. On pouvait y lire qu’elle espérait démarrer les opérations dès… 2070 pour les déchets de type B. Et 2110 pour les plus radioactifs. Dont il faudra gérer l’entreposage entre-temps.

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