Quatre solutions pour lutter contre le racisme en 2018

La présentatrice météo de la RTBF Cécile Djunga s’est indignée de propos racistes à son encontre dans une vidéo sur sa page Facebook.
La présentatrice météo de la RTBF Cécile Djunga s’est indignée de propos racistes à son encontre dans une vidéo sur sa page Facebook. - D.R.

Voici quatre idées, sur la table depuis longtemps ou soufflées par nos interlocuteurs, pour s’attaquer de front au problème du racisme anti-Noirs en Belgique. A noter que, comme le rappelle fréquemment Unia, la Belgique est censée se doter d’un plan interfédéral de lutte contre le racisme depuis… 2001.

1

Enfin enseigner l’histoire coloniale

C’est presque devenu un serpent de mer. Pourtant les chants racistes entonnés au Pukkelpop en rappellent l’urgence : l’histoire coloniale belge devrait être enseignée dans nos écoles. Actuellement, les concepts de colonisation et de décolonisation figurent bien dans le programme mais de façon générale : un professeur est donc libre d’aborder, par exemple, le cas algérien, sans jamais évoquer les colonies belges qu’étaient le Congo, le Rwanda et Burundi. Pour Billy Kalonji, expert en diversité culturelle et président du Comraf, le comité de concertation entre les diasporas africaines de Belgique et le musée de Tervuren, il ne faut pas chercher plus loin la raison de notre amnésie : « Le déni, il est très simple : avez-vous étudié les relations entre le Congo et la Belgique ? » La réponse est dans la question…

2

Créer un observatoire de la négrophobie

C’est un projet qui germe actuellement chez certains groupes militants et que la chercheuse Véronique Clette-Gakuba aborde spontanément, sans savoir qu’il est sur la table d’associations : « Nous aurions besoin d’un observatoire de la négrophobie afin de répertorier ses formes, de les comptabiliser et d’amener les personnes à en parler. En l’absence de chiffres, de statistiques, de rapports systématiques, il est encore compliqué de faire remonter la négrophobie comme un problème légitime dans la sphère publique. Ceux qui sont à l’abri du racisme ne le voient pas et se montrent donc sans cesse méfiants. Ils n’y croient pas. Ou ne veulent pas y croire. »

3

Rénover le musée de Tervuren, en associant les communautés afro-descendantes

C’est la « sanction » éducative que la secrétaire d’Etat, Zuhal Demir, a proposée aux jeunes du Pukkelpop : visiter le musée royal de l’Afrique centrale afin de leur donner une vision correcte de l’époque coloniale. Ce qui fait grincer des dents. En effet, la rénovation du musée de Tervuren, qui entretenait un discours colonialiste, ne convainc pas : « Ce musée a longtemps parlé de nous, sans nous, dénonce Billy Kalonji, président du Comraf, le comité de concertation entre les diasporas africaines de Belgique et le musée de Tervuren. Pour que cette rénovation aille dans le bon sens, il faut que l’Africain y ait sa voix. Or, nous rencontrons encore des difficultés. La rénovation est menée aux 3/4 par les personnes qui dirigeaient déjà le précédent musée. On y a rajouté une poignée d’Africains pour changer le discours, mais ce n’est pas suffisant. » Surtout, une condition est sur toutes les lèvres : la restitution des biens culturels acquis lors de la colonisation. Plus largement, alors que certains pays, comme l’Allemagne, l’Angleterre ou la France, s’engagent sur la voie des réparations coloniales, la Belgique, elle, est encore loin du compte.

4

Ouvrir un réel débat public et politique

C’est une proposition qui court depuis plusieurs années mais n’a jamais abouti. Suite aux évènements du Pukkelpop, le parlementaire Ecolo Benoît Hellings a réactivé une proposition co-signée par le PS, le PTB et le SPA. Elle vise à mettre en place une commission afin d’effectuer un réel travail de mémoire sur le passé colonial de la Belgique. Une équipe de recherche se pencherait sur le rôle de l’Etat belge lors de la colonisation et formulerait des recommandations, sur le modèle du travail réalisé à l’époque à propos de la collaboration pendant la Seconde guerre mondiale.

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