Des victimes de racisme témoignent: «Quand on demande à un Asiatique s’il va manger le chien qu’il promène, ce n’est pas de l’humour»

Uyen Vu tient à dénoncer le «
racisme ordinaire
» dont elle est la victime. © Jonathan Kalifat.
Uyen Vu tient à dénoncer le « racisme ordinaire » dont elle est la victime. © Jonathan Kalifat.

Ces derniers mois, le racisme s’est taillé une place de choix dans l’actualité. Pour ceux qui n’en sont pas coutumiers, le récit des événements qui y étaient liés a le plus souvent étonné, les renvoyant à une violence qu’ils ne connaissent pas et insistant à rebours sur un biais : celui qui existe entre les perceptions de ceux qui sont victimes du racisme et ceux qui ne le sont pas.

Ce biais n’est pas sain. Car, à sa façon, il entretient le racisme – relativisant la violence qu’il inflige, sa portée et son caractère destructeur sur des parcours de vie – et le sentiment d’impunité de ceux qui le pratiquent au quotidien comme un outil redoutablement efficace pour se forger une place au soleil, pour régler leurs comptes, pour laisser libre cours aux instincts humains les plus bas…

Voici le témoignage de Uyen Vul, l’un des quatre témoins présentant le racisme pour ce qu’il est.

Elle ne veut être la représentante ou la porte-parole de rien du tout. Mais Uyen Vu tient beaucoup à dénoncer le « racisme ordinaire » dont elle est la victime : ces interpellations plusieurs fois par semaine dans la rue, ces « Konichiwa » (« Bonjour » en japonais) par ici, ces « Nihao » (« Bonjour » en chinois) par-là et tout le reste… « Je n’ai pas toujours réagi comme cela mais aujourd’hui, toutes ces formes de racisme anti-asiatique me blessent beaucoup et me mettent en colère », indique la jeune femme.

Le racisme anti-asiatique n’est pas encore très connu ni même très documenté. Sans doute parce que le combat pour le contrer n’a pas été celui de la première génération de ressortissants asiatiques arrivés en Europe occidentale. « Nos parents avaient autre chose à penser », indique Uyen Vu, dont les parents sont arrivés du Vietnam après la guerre.

Comme pour ses équivalents, le racisme anti-asiatique avance masqué : « Toujours derrière le panneau de l’humour, affirme Uyen Vu. Mais lorsque dans une soirée étudiante, des jeunes arrivent près de moi en mimant les yeux bridés, ce n’est pas de l’humour, c’est du racisme. Quand on demande à une personne d’origine asiatique s’il va manger le chien qu’il promène, ce n’est pas de l’humour non plus. » En France, il y a quelques mois, l’agression mortelle d’un couturier asiatique a réveillé les consciences.

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