Elargissons la débat sur la qualité des soins de santé

Elargissons la débat sur la qualité des soins de santé

A travers la nouvelle loi sur la pratique des soins de santé, le gouvernement souhaite s’assurer que les prestataires continuent à se former et à prendre connaissances des dernières évolutions de la science dans leur discipline. Il s’agit là bien entendu d’un objectif louable que nous ne pouvons qu’encourager.

Néanmoins, en dénommant également cette loi la « loi qualité », la Ministre de la Santé publique ouvre un débat sur la notion même de qualité des soins de santé. A nos yeux, la formation des prestataires de soins et la qualité des diagnostics, des médicaments et actes médicaux ne suffisent pas à la qualité des soins de santé. Ce sont là des préalables, tout au plus.

De nombreux manquements

Lorsqu’un patient ne comprend pas bien ou n’est pas du tout informé de l’intérêt et des conséquences des médicaments qui lui sont prescrits, la qualité des soins n’est pas au rendez-vous. Lorsqu’un patient reçoit en guise de bonjour un « alors, comment il va papy aujourd’hui ? », la qualité des soins n’est pas au rendez-vous. Lorsqu’un patient entre à l’hôpital pour un examen et que le manque d’hygiène provoque une infection nosocomiale, la qualité des soins n’est pas au rendez-vous. Lorsqu’un résident en maison de repos appelle le personnel et qu’une aide ne lui est apportée qu’après trois heures, la qualité des soins n’est pas au rendez-vous. Lorsqu’un patient reste alité une journée entière dans le couloir d’un hôpital, comment parler de qualité des soins ? Lorsqu’un médecin-conseil dispose en moyenne de quinze minutes pour évaluer un patient et prendre une décision essentielle pour son futur… comment même prononcer ce mot ?

Un patient qui doit être acteur

Or, ce sont là des situations très fréquentes que constatent au quotidien les associations de patients de notre fédération. Et il est fort probable que la prétendue « loi qualité » n’y change rien du tout. Relations patients-soignants, information des patients, infrastructures hospitalières, droits du patient, conditions de travail et disponibilité des prestataires de soins, etc. : élargissons le débat sur la qualité !

Notre vision de la qualité des soins est avant tout celle d’une relation de qualité entre les patients et les prestataires de soins, basée sur la confiance mutuelle, l’écoute et le respect des choix des patients. Une vision dans laquelle le patient est l’acteur de ses propres soins de santé, et non pas l’objet de soins prodigués par des prestataires très compétents mais débordés et sous pression. Une vision dans laquelle les soignants ont la possibilité de prendre le temps nécessaire pour construire avec chaque patient son traitement et son projet de vie.

Débattre dès l’entame des études

A notre niveau, nous proposons à certaines Universités et Hautes Ecoles d’intégrer des associations de patients dans le cursus de leurs étudiants. Afin d’échanger les points de vue, d’envisager la communication patients-soignants de diverses approches, de développer une approche empathique et d’entrevoir quels peuvent être les besoins et les défis des patients pendant une hospitalisation par exemple.

Peut-être intégrer ce type d’échanges patients-soignants dans la formation continue encadrée par cette nouvelle « loi qualité » pourrait être une première étape pour ouvrir le débat sur la qualité. Et pour se questionner, enfin, sur l’ensemble des attentes et aspirations des patients.

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