Edito | Communales 2018: un avertissement pour les partis traditionnels

Edito | Communales 2018: un avertissement pour les partis traditionnels

Une envie d’autre chose, un besoin d’une radicalité, de messages clairs et de projets de vie concrets : c’est ce qu’il faut retenir des résultats de ce dimanche dans une Belgique francophone qui plébiscite des partis à gauche, non abonnés au pouvoir et sanctionne les formations traditionnelles. Avec cependant une grande différence entre la Wallonie et Bruxelles, tant par les vainqueurs couronnés que par les partis sanctionnés : la vague est verte à Bruxelles et c’est le MR qui prend une gigantesque claque, elle est ultra-rouge en Wallonie et c’est le PS qui paye l’addition.

Les Bruxellois font en effet déferler les élus Écolo dans leurs communes et s’affichent résolument comme des citadins avec des besoins de mobilité, d’aménagement des territoires, de qualité de l’environnement et de participation citoyenne. Le MR, lui, en perdant nombre de ses mayorats, paye la faiblesse de son investissement local et le manque de personnalités emblématiques dans la capitale. Le PS bruxellois l’a compris et s’il limite la casse du Samusocial, c’est parce qu’il a réinvesti le champ politique via de nouveaux candidats : Catherine Moureaux à Molenbeek, Philippe Close ou Ahmed Laaouej à Koekelberg.

Les Wallons font faire, eux, un bond en avant au PTB, devenant de façon très emblématique le deuxième parti à Charleroi. C’est le PS qui est sanctionné durement à nombre d’endroits, payant les « affaires », la non-gouvernance et le procès en manque de radicalité.

Cette vague très verte et très rouge francophone bouleverse l’échiquier politique francophone en le poussant davantage sur sa gauche. Ce dimanche, les électeurs ont fait de la politique en marquant leurs choix. C’est un signe de vitalité de la démocratie belge et ce n’est pas rien dans l’Europe du moment. Mais le vote important pour le PTB côté francophone, et pour l’extrême droite en Flandre, démontre l’existence croissante d’une colère et d’une déception vis-à-vis de la politique, auxquelles il reste plus urgent que jamais de répondre.

Quid pour la suite ? Attention à tirer des leçons définitives, pour mai 2019, d’un vote communal où les électeurs ont consacré les bourgmestres qui ont donné toute leur énergie à moderniser leur commune, comme Maxime Prévot à Namur, Paul Magnette à Charleroi et Benoît Lutgen à Bastogne.

Mais ce scrutin est un signal d’alarme adressé aux trois partis traditionnels francophones qui en sortent très affaiblis : le PS a perdu le monopole du cœur auprès de l’électeur – et Elio Di Rupo celui de Mons, ce qui n’est pas une péripétie –, le MR n’a visiblement pas emporté le trophée des emplois et si le CDH a sauvé son président et quelques bastions locaux, il n’a pas encore sécurisé son devenir. Ces trois partis doivent méditer la leçon donnée ce dimanche par des électeurs visiblement inquiets pour leur situation sociale dans les communes où la précarité et les inégalités sont fortes, et pour l’environnement dans les communes plus riches ou plus citadines. Ce spectre politique poussé vers la gauche ne facilitera pas le dialogue avec le nord du pays : les ministres fédéraux de la N-VA ont été tous plébiscités dimanche soir et Bart De Wever a gagné la bataille d’Anvers. Cela veut dire beaucoup.

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