Le cadeau de Maggie De Block aux cigarettiers: une vraie mafia se cache derrière la fumée

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Avouons que le geste de réduire par 40 fois les amendes pour avoir enfreint l’interdiction de pub du tabac fait symboliquement tache.

C’est que ce bonus va dans l’escarcelle d’une industrie peu recommandable, qui a fait ses preuves depuis un siècle comme championne de la manipulation, de la corruption et de la falsification. Réussissant notamment à retarder de plusieurs dizaines d’années les lois de bannissement de la cigarette des lieux publics.

Il est prouvé que l’industrie du tabac, si elle susurre, côté face, vouloir sortir à terme de la clope pour trouver d’autres moyens d’assurer les besoins en nicotine de la planète, collabore côté pile avec les pires criminels pour engranger les profits.

Il faut dire que le trafic des cigarettes, c’est cool. Cela rapporte plus que les drogues illégales et c’est presque sans risque. On enferme les chimistes de la cocaïne, on les exécute même parfois. Mais nulle part on ne poursuit très activement les trafiquants du tabac.

Qui peuvent s’inscrire dans les fichiers clients des respectables multinationales de la nicotine sans coup férir. Qui peuvent ainsi blanchir les profits des villes pillées, des œuvres d’art volées, du pétrole de la terreur. Quelques containers perdus à Anvers, un ou deux Zodiac rapides en Italie, quelques transactions sur des comptes bancaires très discrets en Suisse et l’affaire est dans le sac. Les escadrons antifraude pédalent dans la semoule et peinent à agir contre la mondialisation du crime… très organisé.

Obliger les cigarettiers à ne vendre qu’à des intermédiaires identifiés ? On verra plus tard. Marquer les paquets voire les cigarettes pour qu’un produit « volé » ici ne réapparaisse pas là dans des circuits officiels de distribution ? On y songe, mais « c’est difficile techniquement ». Pourtant, rares sont les produits qui sont vendus si cher et demandent si peu de matière première et de main-d’œuvre. C’est l’industrie la plus robotisée du monde.

Et les robots, cela ferme sa gueule et ne peut pas démissionner.

C’est la même pieuvre qui pousse ses pubs cachées dans les petits magasins où l’on vend librement un produit qui tue directement la moitié de ses consommateurs.

Avec le sandwich du midi, la revue du mercredi, l’effaceur qui dépanne. La loi belge prescrit que si l’on peut vendre le produit, on ne peut pas le promouvoir. C’est cela que les cigarettiers enfreignent.

A de multiples reprises, sans conscience, sans remords, avec la complicité de commerçants souvent étranglés par les crédits et à la rentabilité incertaine. C’est à cela que Maggie De Block vient de donner une quasi-liberté, style « y appliquer le moindre degré de priorité ».

Glisser en dessous de la pile.

C’est vrai que 15.000 morts par an, c’est une bagatelle.

Et que les morts ne voteront plus jamais.

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