Elections américaines de mi-mandat: Donald Trump, avec la peur pour munition électorale

Ce mardi, le monde aura les yeux rivés sur les midterms américains. Avec cette seule question : les citoyens plébisciteront-ils à nouveau Donald Trump, préfigurant une réélection que beaucoup estiment probable en 2020, ou sanctionneront-ils ce président américain qui doute moins que jamais de lui-même ?

Un succès démocrate à la Chambre des représentants serait peu banal, car il infligerait une première vraie défaite à un président qui impose depuis des mois sa rhétorique, sa vision du monde et de l’« étranger », ses tweets et son mépris, autant à son parti qu’à ses opposants, sans que rien jusque-là ne soit venu ébranler son pouvoir.

Béatrice Delvaux | LE SOIR 
PHOTO:Bruno DALIMONTE.
Béatrice Delvaux | LE SOIR PHOTO:Bruno DALIMONTE. - LESOIR

La peur : c’est le seul programme proposé depuis quelques jours par un Trump déchaîné par la nécessité d’aller chercher cette victoire républicaine. Depuis plusieurs jours, le président matraque en effet l’opinion publique de propos et d’intentions politiques qui ont pour seul but d’exciter les peurs culturelles des Américains blancs. Peu importe que ce soit à coup d’incitations au meurtre – comment juger autrement cet appel lancé à l’armée de tirer au fusil contre les migrants qui leur lanceront des pierres ? –, d’outrances – comme l’invasion imminente d’une foule qui est en réalité à plusieurs mois à pied du Rio Grande – et de contre-vérités – rien ne prouve la présence dénoncée de dangereux criminels ou de terroristes venus du Moyen-Orient dans la caravane de Latinos.

Pourquoi Donald Trump changerait-il une thématique et une violence verbale auxquelles il doit son élection de 2016 ? Il lui suffit d’adapter son discours : c’est la « caravane » qu’il agite cette fois devant l’opinion et non plus le mur à construire – et pour cause, il n’a toujours pas réussi à le concrétiser.

Certains ont reproché à Angela Merkel son « Wir schaffen das », jugé trop rassurant et trop accueillant face à l’arrivée de milliers de migrants sur le sol européen. Le « We can manage » de Donald Trump fait, lui, froid dans le dos, exaltant un duel, en direct télévisé, entre une caravane d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges, marchant vers la frontière américaine en quête d’un travail et 15.000 soldats massés de l’autre côté du Rio Grande. Plus qu’en Afghanistan et l’équivalent de deux soldats pour un migrant ! Sans compter ces milices civiles qui ont entendu la harangue de leur « commandant en chef » et se dirigent à leur tour vers la frontière avec des tentes, des drones et des fusils huilés. Pour tirer ? «  C’est le Texas, ici  », ironisait hier l’un d’entre eux.

Depuis des mois, les experts s’époumonent à démontrer par les faits à quel point ce président boutefeu manipule avec maestria, mais à coup de mensonges, une opinion majoritairement blanche en désarroi, délaissée et économiquement affaiblie. Ce mardi, on saura si l’électeur aura décidé de lui faire mettre un premier genou en terre, ou si la peur agitée du migrant fonctionne encore à plein. À moins que ce soient la création massive d’emplois et un chômage au plus bas qui poussent à tolérer ses outrances.

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