Test ADN imposé à Albert II: les dégâts inutiles d’un affrontement public

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Cela aurait été tellement plus « simple » et depuis si longtemps : passer un test de paternité qui aurait permis de dire si oui ou non Albert II est le père de Delphine Boël. Une fois pour toutes, une fois pour de bon.

Il aurait évidemment fallu gérer les conséquences financières, familiales, protocolaires et autres s’il s’était avéré que l’ex-roi avait une fille naturelle. Mais cela n’aurait-il pas été moins blessant, moins humiliant, moins dommageable pour les deux parties que cet affrontement où une fille et un roi utilisent toutes les ressources du droit pour établir ou refuser leur lien de parenté ?

Cela aurait aussi permis à ce différend familial ultime, déjà si destructeur et lourd à assumer lorsqu’il se déroule dans l’intimité, d’éviter l’exposition face aux caméras. Qui rêve de faire de sa quête d’identité ou de sa paternité un feuilleton public ? Personne, pas même des têtes couronnées pourtant habituées à ce que leurs alcôves soient mises en pâture.

Quel gâchis dans le cas de Delphine Boël et d’Albert II qui ont longtemps bénéficié, comme les autres membres de la famille royale, de la réserve des observateurs, qui fait figure d’exception belge à saluer sur la scène people. Ici, en effet, ce n’est pas la presse à sensation ou des informateurs tapis dans les couloirs du palais royal qui ont forcé des révélations et mis au grand jour les étapes de cette guerre. Le roi Albert II s’est même vu proposer, au moment où il en était encore temps, des médiations discrètes qui auraient permis sans doute de gérer l’« affaire Delphine » dans la discrétion et à l’amiable, et d’en limiter ainsi les dommages directs et collatéraux.

Faute de cet accord et de la résolution de ce conflit entre personnes adultes, le refus répété d’Albert II de répondre aux demandes de Delphine Boël, conjugué à la rare détermination de cette dernière, n’a fait que radicaliser les positions des parties prenantes, les entraînant dans une surenchère de procédures, voire de « déballages », dont personne ne sait si et quand elles vont trouver une issue.

A moins que l’ex-roi des Belges espère, à 84 ans, ne pas connaître personnellement l’issue de ce conflit, en misant tactiquement sur le temps qui passe.

Nos vies sont traversées, déchirées, hantées parfois par ces conflits de famille qui paraissent tellement évidents à régler pour ceux qui en sont témoins, mais sont si complexes à gérer par les protagonistes souvent privés de toute rationalité par la violence et la douleur de leurs (res)sentiments. Les familles royales sont à cet égard semblables aux autres, tout autant traversées par les passions humaines. Mais quand la justice ordonne à un ex-roi de faire un test en paternité, l’affaire privée devient inévitablement domaine public. Elle prend même sa place dans l’histoire vu le caractère totalement inédit de cette demande dans le gotha européen.

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