Les «Gilets jaunes», un Mad Max finalement écologique

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La pollution nuit à l’homme et à son environnement. C’est un axiome.

Or la voiture pollue. Et parce qu’elle pollue, tout doit être mis en œuvre pour que ses impacts négatifs soient réduits au maximum. Dans ce contexte, l’augmentation des accises sur les carburants est classiquement présentée comme un frein au gâchis environnemental.

Cette évidence ne peut toutefois occulter les préoccupations des « gilets jaunes ». La hausse des taxes sur le diesel plombe les finances des ménages. C’est la goutte de pétrole qui fait déborder le vase taxatoire, disent en substance ceux qui se définissent comme un mouvement apolitique, pulsé par les réseaux sociaux et né à l’écart de la mouvance syndicale. S’ils dénoncent pêle-mêle la grimpette du coût de la vie, la réforme des retraites ou l’absence de perspectives, c’est – soulignons-le – l’augmentation du prix à la pompe qui les a décidés à protester.

Les autorités auraient tort de reléguer ces contestataires au rang d’excités.

La bagnole reste le phare de décennies nourries par une foi inébranlable en la liberté individuelle. Elle vaudrait une croisade. Les dépôts de Wandre et de Feluy en deviennent des trésors « madmaxiens », un butin arraché aux griffes des finances publiques.

Comment pourrait-il en être autrement ? Depuis les années 60, nos sociétés sont automobilo-centrées. Jusqu’au scandale VW, le diesel avait toutes les vertus. On se saignait pour acquérir cette technologie réputée moins dispendieuse. Lorsque soudain elle s’est muée en empoisonneuse. La guigne…

Cette « trahison » passe mal. Et il n’est évidemment pas simple d’admettre en sus que la transition écologique passera par l’alourdissement du coût de produits et de comportements nuisibles à la société – la diminution d’autres coûts devant logiquement suivre.

Mais la réponse du politique se fait attendre. La réforme de la fiscalité automobile et la mise en œuvre de véritables politiques d’accompagnement restent dans les limbes. Pour ne pas froisser les susceptibilités, tous les gouvernements ont maintenu la voiture de société sur son piédestal. La taxe carbone n’a fait l’objet que d’un débat timide. Au lieu de servir à accompagner la transition écologique, l’argent récolté se perd dans les tréfonds du budget. Et si au niveau régional, des zones basses émissions existent désormais, les faire respecter sera aussi une affaire d’argent. Or il ne suffit pas de taxer, il faut aussi que des solutions soient proposées. Comment en effet espérer emporter l’adhésion de celui qui avale chaque jour du bitume et s’énerve dans les embouteillages avant d’atteindre l’école, le travail ou le médecin, si un aucun autre modèle de société n’est impulsé par l’autorité publique ? Ce moment de courage politique se fait décidément attendre. Indirectement, les gilets jaunes le rappellent à leur manière.

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