Les vénérables marronniers des Avenues Albert et Churchill ne sont pas encore morts!

Six ans après l’abattage des marronniers de l’avenue Louise (photo), ceux des avenues Albert et Churchill risquent de connaître le même sort.
Six ans après l’abattage des marronniers de l’avenue Louise (photo), ceux des avenues Albert et Churchill risquent de connaître le même sort. - © Dominique Rodenbach.

Nous, associations, collectifs citoyens et comités de quartier qui défendons la protection de la nature en ville, constatons avec consternation que la place de l’arbre en voirie régionale bruxelloise n’est qu’une longue chronique d’un saccage écologique urbain, chronique commencée dès la naissance de la Région de Bruxelles-Capitale.

Bruxelles, une ville qui se vante de planter des arbres, et ce, alors qu’elle en a tant coupé et qu’elle en coupe de plus en plus !

Triple escroquerie

Mais des arbres sont replantés, nous direz-vous ! Même parfois plusieurs jeunes arbres à la place d’un vieil arbre ! Et c’est là que se situe « l’escroquerie », comme l’explique si bien Francis Hallé, botaniste renommé, dans son livre Du bon usage des arbres : un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques (Actes Sud, 2011), car abattre des vieux arbres et en replanter des jeunes à la place, n’est, selon lui, rien de moins qu’une escroquerie, voire une triple escroquerie !

– Première escroquerie : un pan du patrimoine arboré bruxellois disparaît et avec lui, la faune et la flore associées ;

– Deuxième escroquerie : un vieil arbre, à part son entretien, ne coûte rien aux citoyens alors que les jeunes arbres replantés, nous, citoyens, nous les payons ;

– Troisième escroquerie et non la moindre : il faudra attendre au minimum une vingtaine d’années pour que la taille des jeunes arbres replantés atteigne celle des vieux arbres.

Une saga de 14 ans

Souvent, l’argument sécuritaire est mis en avant pour arguer de la dangerosité des vieux arbres. Un très bon argument, pour autant qu’il soit vrai.

La parole de l’« expert » est toujours opposée à celle des citoyens qui s’interrogent sur le bien-fondé de certains élagages et abattages, sans aucune possibilité de contre-expertise pour les citoyens, car l’« expert », mandaté par les pouvoirs publics, l’a dit !

La saga des marronniers des Avenues Albert et Churchill dure depuis près de 14 ans et en précède d’autres comme celles des arbres de la place Fernand Cocq, de la Chaussée d’Ixelles, de l’Avenue de Tervueren, du Boulevard Belgica, de l’Avenue du Port… et 14 ans d’obstination de la part du ministre Pascal Smet pour se débarrasser, coûte que coûte, des marronniers de ces deux avenues léopoldiennes majestueuses !

Saccage écologique urbain

Obstination soutenue tacitement par la ministre de l’Environnement Céline Frémault, par le ministre-président Rudi Vervoort, et par tous autres membres du Gouvernement de Bruxelles-Capitale, dont le silence est assourdissant dans ce dossier !

Reprenons la chronique du saccage écologique urbain : sans l’obstination des riverains et de la Commune d’Uccle, dès 2006-2007, les marronniers de l’Avenue Churchill auraient été purement et simplement sacrifiés sur l’autel de l’argument sécuritaire pour être remplacés par des platanes. Or, 12 ans ont passé et ces vieux marronniers sont toujours debout, vaillants et la couronne haute.

Une préoccupation écologique

Fait troublant, en 2006 déjà, Monsieur Eric Sax, échevin ucclois avait interrogé incognito un « expert » en pleine étude : «  Il m’a affirmé que les marronniers étaient dans une forme surprenante, compte tenu de leur environnement hostile ».

Dès 2008, Pascal Smet proposait à grands coups de prospectus et de réunions avec les riverains, un réaménagement de l’Avenue Albert. Et déjà au détriment des marronniers !

Remplacer les marronniers par des platanes qui ressemblent à des cure-dents dénature complètement la majesté et la beauté des 2 avenues historiques.

Devons-nous faire un lien entre la mort programmée des marronniers de l’Avenue Albert et le projet de métroïsation de la station Albert ?

Les vieux marronniers sont indispensables à la lutte contre la pollution, à l’amélioration de notre qualité de vie, de notre santé et celle de nos enfants. Ils sont capables de nous donner de l’ombre quand il faut, d’absorber le CO2 et d’abriter les oiseaux ! Alors que l’on tire des sonnettes d’alarme partout contre le réchauffement climatique, c’est une évidence que les arbres vivants doivent être préservés et non abattus.

Trois fois non !

Non Monsieur Smet ! Promouvoir la mobilité douce au détriment des marronniers n’est pas la solution, encore moins à coup d’« experts bien inspirés » ! Ça ne tient pas la route !

Non Madame Frémault ! Laisser le champ libre à Bruxelles Mobilité et ne pas s’impliquer dans la gestion des arbres en voirie n’est pas la solution ! A quand la charte de l’arbre en ville promise depuis longtemps par Bruxelles Environnement ?

Non Monsieur Vervoort ! On ne peut pas prétendre mobiliser le territoire pour développer un cadre de vie agréable, durable et attractif en cautionnant le saccage écologique des marronniers des Avenues Churchill et Albert !

Un besoin de politique cohérente

Nous défendrons aussi obstinément que le ministre de la Mobilité, le maintien et la pérennité des marronniers vénérables des Avenues Albert et Churchill contre ce vandalisme écologique et patrimonial institutionnalisé, contre la volonté de standardisation, d’instrumentalisation, de minéralisation et d’imperméabilisation de la Région Bruxelloise !

Est-ce que les ministres de la Région Bruxelloise feront un communiqué lors de la COP24 en annonçant que le Gouvernement bruxellois s’engage à lutter contre le réchauffement climatique en abattant les valeureux combattants du réchauffement climatique que sont les vieux marronniers des Avenues Albert et Churchill ?

Nous attendons une politique cohérente, responsable et durable de la part de la Région Bruxelloise !

Et surtout, nous exigeons l’arrêt immédiat du chantier d’élagage drastique en cours cette semaine et une réunion avec tous les acteurs concernés, communes, région, riverains. 

*Associations, comités de quartier et plateformes citoyennes cosignataires :

Bruxelles-Nature ASBL Collectif CitoyensForest1190 Collectif Fix My Tree Collectif Le Patrimoine ça nous regarde Comité Alexandre Bertrand, Forest Comité Brugmann-Berkendael-Albert, Forest Comité de Défense de l’Altitude Cent (Coda), Forest Comité Longchamps-Messidor ASBL, Uccle Comité Meunier ASBL, Forest Comité Tervueren-Montgomery Ixelles pour Tous, Ixelles Le Plateau Avijl Les Potagers Boondael-Ernotte-Akarova QuartierWielsWijk, Forest Tuiniersforum des jardiniers

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