Gilets jaunes: la faillite des syndicats

Manifestation de Gilets jaunes lundi dernier devant le ministère des Finances à Charleroi.
Manifestation de Gilets jaunes lundi dernier devant le ministère des Finances à Charleroi. - Photonews.

Les gilets jaunes, c’est le signe terrible de la mort annoncée des syndicats.

Le mouvement d’Emmanuel Macron, LRM, a fait mourir les grands partis traditionnels : de même, en face, les gilets jaunes sont la contestation sans cadre, orpheline des syndicats, avec toute la force de la spontanéité, avec toute sa dangereuse fragilité aussi.

Les syndicats négligent les formes de l’avenir, comme les partis traditionnels ont ignoré leurs propres fissures et se sont effondrés (en France, en Italie, excusez du peu, et bientôt ailleurs).

Les syndicats n’ont pas su, à l’époque, s’internationaliser aussi efficacement que les partis gouvernants au sein de l’UE ; à présent, ils échouent à demeurer l’organe structuré de contestation des classes laborieuses.

La nouvelle époque est horizontale et directe. Elle se défie des structures intermédiaires et croit à la relation immédiate peuple/pouvoir. Si la démocratie et ses outils n’en prennent pas la mesure immédiatement, toutes ses forces iront se déverser dans des mouvements informes à dérive populiste et dangereusement récupérables.

Une alarme et une leçon d’Etat

L’action la plus louable des gilets jaunes est de prouver la capacité d’intervention des citoyens. Pour les citoyens, ce qui est légitime est légal. Ce qui est illégitime, illégal. Le mépris du gouvernement pour la réalité difficile, étriquée, de la grande masse des petits salaires, est honteux et illégitime. Donc, citoyennement parlant, illégal. C’est contre ce comportement hors-la-loi citoyenne du gouvernement que les Gilets jaunes se dressent. C’est une révolte du bon sens citoyen de l’Etat contre les arguties politiciennes des gouvernants détachés des réalités d’en bas et attachés, pieds et poings liés, aux super équilibres globaux. C’est une alarme et une leçon d’Etat donnée par les citoyens aux gouvernants. C’est un rappel de la priorité morale effective du légitime sur le légal. C’est un rappel des citoyens sur la mission première d’un gouvernement : assurer les conditions d’un bien-être durable.

Entendu : « On est prisonnier dans son pays, quand on subit ça. »

« Un gouvernement qui fait ça… » n’est pas un bon gouvernement et doit être rappelé à l’ordre. C’est à cette intervention radicalement démocratique que se résume la meilleure part du mouvement Gilets jaunes.

Quels que soient leur charge de travail et leur confort de vie, les dirigeants n’ont pas le droit d’ignorer que 50 euros de moins à la fin du mois, par expresse volonté du gouvernement, quand on tire le diable par la queue, qu’on mord sur sa chique, qu’on accepte tout depuis longtemps, qu’on est obligé de vivre partout dans les invitations du consumérisme et qu’on ne peut pas en offrir les fruits et les cadeaux à ses enfants, c’est juste… trop.

Et c’est dangereux.

Parce que sans structure, la colère prend rarement la forme d’une parole propre au dialogue durable.

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