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«Et maintenant, 2019»: et nous, ce sera quoi, notre new deal?

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C ’est curieux, c’est comme si les gens en avaient assez de la paix. »

Le philosophe François De Smet a tweeté soudain cette phrase. Un jour où Trump éructait ? Où Salvini insultait ? Où les gilets jaunes cassaient ? Où des députés hongrois se rebellaient ? Où Bolsonaro, le nouveau Dieu brésilien, invectivait ? Où le monde/l’Europe/la Belgique se déchirait ?

Un de ces jours en tout cas où l’actualité suivait son nouveau chemin pavé de mauvaises intentions, semé de noirs desseins. Mais quand donc ce sentiment de la fatalité du mal s’est-il emparé de nous, cette idée que nous ne pourrions éviter le retour des jours sombres, à nous et à nos enfants ?

« Et si le pire était de nouveau possible  ? », cette idée nous hante désormais. La phrase est d’ailleurs de plus en plus souvent énoncée publiquement. En un an, nous nous surprenons à nous être « habitués » à ce que l’on dise et fasse ce qui nous paraissait autrefois impensable. « Nous sommes en manque cruel d’autorités, avertissait Gabriel Ringlet récemment en se référant à l’origine du mot augere, nous avons besoin de gens qui nous élargissent, nous portent plus loin, nous ouvrent des horizons alors qu’aujourd’hui nous débordons d’autoritaristes qui nous réduisent, à la Trump. »

Il y a deux façons de voir l’année qui s’ouvre. Soit on croit au pire, on est paralysés, on se met aux abris et on sombre avec lui. Soit on veut combattre, changer le cours des choses et maintenir l’humanité plus d’une fois et plus que pour la galerie, du bon côté de l’histoire.

«Et maintenant, 2019…»: supplément spécial ce mercredi dans «Le Soir»

« Un sursaut est indispensable », disait Gabriel Ringlet. Un sursaut ? Dans une chronique récente, le journaliste Jean-Paul Marthoz rappelait que dans les années 30, alors que l’Europe succombait à Mussolini, Franco, Hitler et Pétain, le président Roosevelt préserva les Etats-Unis des totalitarismes avec son New Deal, « une forme américaine de libéralisme qui défendait autant la justice sociale que la liberté ».

Et nous, ce sera quoi, notre New Deal ?

C’est la seule question qui importe désormais. Qui va en prendre l’initiative ? Avec quels ingrédients ? Le « fond de sauce » de l’après-guerre peut être réactivé : « Justice sociale et liberté ». Des mots auxquels les experts que nous avons interrogés dans notre supplément sur les perspectives 2019 ajoutent de très utiles compléments. Emmanuel Todd évoque ainsi la nécessaire « nouvelle négociation entre les élites et le populisme », le besoin de « se retrouver en tant que nation » dans un concert multilatéral, la difficulté d’opérer ce recentrage national en maintenant « le meccano européen ».

On peut ne pas être d’accord avec ses solutions (moins d’Europe et plus de nation), mais on doit arrêter de disputer son constat : le besoin identitaire est là, comme celui d’une politique qui produise des solutions. « Les gens ne veulent pas de l’argent mais des services – des trains à l’heure, des services de gardiennage efficace, une école qui performe », nous dit ainsi très justement la politologue Catherine Xhardez. Aussi simple que cela ? Peut-être bien, en fait. Le monde politique, non populiste, non extrémiste, doit se mettre en chemin et oser être cette voix discordante qui refuse ce nouveau mantra selon lequel la solution à tous nos maux passe par la damnation de l’« autre ».

« Nos élus vont devoir rendre des comptes comme ils ne l’ont jamais fait », assène Catherine Xhardez, qui ajoute : « Les élections ne résoudront pas tout. » Il ne suffira en effet pas en 2019 de gagner un scrutin belge ou européen pour afficher « mission accomplie ». Il va falloir cesser de nier le ressenti inégalitaire, arrêter de croire que la politique est impuissante et retrousser les manches sur la durée.

L’exemple est venu l’an dernier de citoyens qui n’attendent plus la becquée, de la Plateforme citoyenne aux 75.000 marcheurs pour le climat : nous ne voulons plus du monde comme il s’annonce, c’est simple, changeons-le !

A quoi va ressembler l’année qui débute? Six experts apportent leur éclairage sur les grands enjeux de 2019

«Et maintenant, 2019…»: supplément spécial ce mercredi dans «Le Soir»

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Elections, Brexit, Justice… Que nous réserve 2019, en Belgique et à l’étranger ? Quelles sont les perspectives pour les douze mois à venir ?

Ce mercredi 02 janvier, « Le Soir » donne la parole aux expert(e)s pour vous éclairer sur les grands enjeux à travers un supplément spécial ! Rendez-vous en librairie, ou en version numérique.

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