Etats-Unis: les effets préoccupants du «shutdown»

L’accès à tous les parcs nationaux a été fermé suite au «
Shutdown
».
L’accès à tous les parcs nationaux a été fermé suite au « Shutdown ». - Photo News.

Depuis New-York, de notre correspondant

Malgré une croissance enviable de 3 % et le quasi-plein-emploi structurel, les effets macro-économiques du bras-de-fer à Washington commencent à se ressentir.

Au total, la paralysie partielle de l’Administration fédérale affecte 800.000 fonctionnaires, soit un quart de la fonction publique des Etats-Unis, renvoyés chez eux sans salaire ou obligés de travailler bénévolement, pour ceux occupant un poste sensible, à l’instar de ces diplomates américains à l’ONU assurant une présence symbolique au Conseil de sécurité.

Alors que les dirigeants politiques redoutent une crise prolongée, comme le républicain Richard Shelby pour qui cela va «  durer des mois et des mois  », les économistes tirent la sonnette d’alarme. Si rien n’a abouti fin janvier, la croissance pourrait se rétracter de 0,2 % au premier trimestre 2019, selon Mark Zandi de Moody’s Analytics, soit 8,7 milliards de dollars de moins de PIB. Et c’est une prévision optimiste : le reflux pourrait, selon d’autres observateurs des marchés, coûter jusqu’à 0,5 % de croissance. Wall Street, déjà ébranlé par une année 2018 en dents de scie, a perdu 3 % pour la seule journée de jeudi et ne paraît guère confiant pour la suite, à en juger par la fébrilité des investisseurs. «  Si cela s’étend au printemps, alors les dégâts seront réels et l’impact très fort , avertit Mark Zandi, dans le Washington Post. Car cela voudra dire que beaucoup d’autres choses partent à vau-l’eau, que l’acrimonie générale à Washington ne connaît plus de limites  ».

Les Américains commencent à faire entendre leur inquiétude

À moyen terme, les sous-traitants privés des administrations ministérielles vont ressentir les effets de la clé mise sous le paillasson de leurs clients. Et les Américains, quelles que soient leurs opinions politiques, commencent à faire entendre sur les réseaux sociaux leur inquiétude. À la fin du mois, si le chômage technique de près d’un million de fonctionnaires se poursuit, les foyers affectés se retrouveront dans l’incapacité de payer leurs traites, faute de salaire versé sur leur compte en banque. En outre, c’est au premier trimestre que le fisc adresse habituellement des chèques de remboursement de trop-perçu. La somme s’élevait à 212 milliards de dollars en 2018, concernant 78 millions de foyers. Or, les bureaux de l’IRS, l’administration fiscale, sont quasi-déserts depuis l’entrée en vigueur du shutdown . Et aucun de ces chèques ne va pouvoir être posté jusqu’à nouvel ordre, aggravant encore la précarité des contribuables concernés. Le marché du logement pourrait s’effondrer durant l’année, accélérant les prémices d’une récession que les économistes annoncent pour la fin de l’année.

«  Il faut qu’ils réalisent que cela affecte les gens ordinaires , confie un gardien de prison fédérale de Floride au New York Times. Ils jouent à leur jeu d’échecs politique, et nous sommes les pions  ».

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