Second vote, nouvelles négociations…: les scénarios après le rejet de l’accord sur le Brexit

L’analyse fine du décompte des voix, tant parmi les conservateurs que parmi les travaillistes, permettra à la Première ministre Theresa May de savoir si une majorité pourrait être rassemblée lors d’un second vote.
L’analyse fine du décompte des voix, tant parmi les conservateurs que parmi les travaillistes, permettra à la Première ministre Theresa May de savoir si une majorité pourrait être rassemblée lors d’un second vote. - AFP.

Poser des hypothèses de scénarios dans la saga du Brexit est devenu l’exercice le plus risqué et le plus aléatoire qu’on ait jamais connu en prospective politique. A la plupart des questions sur ce que réservera le lendemain, les experts, les observateurs avisés et même les acteurs de la politique britannique ont coutume de répondre ces derniers jours « No one knows »  : personne ne sait… Après le rejet massif du projet d’accord, voici les scénarios possibles.

1 Le rejet servira à rebondir. De nombreux observateurs considèrent que le différentiel en voix dans le vote de l’accord de retrait sera déterminant. En clair : étant donné que le nombre de députés ayant voté contre le texte dépasse de 200 ceux qui ont voté en faveur de l’accord, le texte semble mort, car Theresa May n’a quasiment aucune chance de renverser pareille majorité lors d’un second scrutin. Si le différentiel n’avait été que de 100, Theresa May aurait pu avoir l’espoir de pouvoir renverser la vapeur : soit avec un accord légèrement renégocié avec l’UE, soit tout simplement en jouant sur la crainte que suscite la perspective d’un Brexit brutal, synonyme de catastrophe économique et humaine.

2 Retour aux Communes dans trois jours. C’est le résultat d’un amendement adopté la semaine dernière sur proposition d’un député conservateur opposé au Brexit, et qui a brièvement mis Theresa May KO : au lieu des 21 jours prévus dans une résolution antérieure, c’est dans les trois jours suivant un rejet de l’accord que la Première ministre est tenue de venir présenter un plan B… Quel est ce plan B, existe-t-il même ? Questionnés sans relâche ces derniers jours, les ministres ou l’entourage de Theresa May n’ont rien voulu ou pu trahir d’un quelconque plan alternatif, laissant l’impression générale… qu’il n’y en a pas. Ce qui d’ailleurs constitue le discours inflexible de la Première ministre, laquelle assure qu’il n’y a qu’une alternative à son accord : un Brexit sans accord.

3 Un second vote. Il semble acquis que la Première ministre entreprendra une seconde tentative de faire ratifier l’accord de retrait. Les chances de faire passer le même texte lors d’un second passage semblent faibles, tant le différentiel de voix est important.

4 Nouvelle négociation. Ceci est un tabou absolu au sein de l’UE27… Mais tant à Bruxelles que dans les capitales, on sent bien qu’à partir du moment où l’on s’approchera dangereusement de la « falaise », c’est-à-dire d’un Brexit désordonné, il ne sera politiquement plus tenable pour les 27 de faire porter le chapeau aux seuls Britanniques. Autrement dit : il serait inimaginable que l’UE n’accepte pas de lâcher une dernière concession à Londres, qui soit substantielle et pas de pure forme. Quand cet éventuel complément de négociation aurait-il lieu ? Avant ou après un second vote sur l’accord actuel ? Probablement avant, s’il s’annonce aussi mal pour Theresa May que celui qui s’est tenu ce mardi… Quant à savoir quelle dernière concession la Commission européenne tient en réserve pour cette occasion – l’absence de ce « plan B » bruxellois serait surprenante –, c’est actuellement le secret le mieux gardé de Bruxelles.

5 Extension de la négociation. Selon certains, le paroxysme de la phase actuelle ne se produira pas avant la mi-mars. Mais déjà aujourd’hui, les impératifs de la procédure légale requise côté britannique rendent impossible le respect de l’échéance légale du Brexit, fixée au 29 mars prochain. D’où la question qui se pose sur un report de la date de sortie, et donc une prolongation formelle de la négociation (jusqu’au mois de juillet, affirmait lundi The Guardian.) Lors des débats aux Communes ce lundi, Theresa May a refusé à plusieurs reprises de dire qu’elle excluait pareille extension de la procédure. Ce qui laisse penser que ce report fait bien partie d’un éventuel plan B. Mais pareil report nécessiterait un autre vote aux Communes, car la loi de retrait a intégré la date du 29 mars : cela exigerait de la Première ministre de retourner demander le report du Brexit précisément à ceux qui l’exigent sans plus aucun délai…

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