«Vers une grève générale pour le climat»

Manifestation «
Youth for the Climate
» le 10 janvier dernier dans les rues de Bruxelles.
Manifestation « Youth for the Climate » le 10 janvier dernier dans les rues de Bruxelles. - © LAURENT LEFEBVRE/Belga.

Les jeunes écoliers, à l’initiative de deux jeunes Flamandes, Anuna De Wever et Kyra Gantois, ont raison de continuer à faire l’école buissonnière chaque jeudi pour le climat et de « sécher les cours pour les forêts ». Le gouvernement belge a ignoré le signal de septante mille personnes de la marche pour le climat, non seulement en votant deux jours plus tard contre le plan climatique européen au sommet de Katowice, seul avec la République Tchèque, mais principalement en adoptant systématiquement une attitude de business as usual en ce qui concerne le climat, de comme si rien n’en était. Une sorte de négationnisme climatique en pratique.

Donc, protester le dimanche n’a, apparemment, aucun sens. Les jeunes ont raison. Mais si uniquement les jeunes affluent à Bruxelles jeudi prochain, les « conneries » sur ces écoliers paresseux, gâtés et naïfs qui ont eux-mêmes une grande empreinte due à leur consumérisme, abonderont à nouveau sur les réseaux sociaux. Ces remarques proviennent généralement des négationnistes du climat, de droite, qui y sont actifs. Ils semblent étonnamment nombreux dans notre pays. Aussi le relativisme climatique est hors de question (comme proféré par l’ancien recteur de la KULeuven, Rik Torfs à la télévision, dans l’émission « De Afspraak » sur la VRT).

Faire front avec les écoliers

D’où la proposition que nous faisons de faire front avec les écoliers. Les enseignants d’abord, qui peuvent simplement partir en grève avec eux et organiser des séminaires ambulants sur les questions climatiques. Il y a mille et un aspects. Mais quiconque sait qu’il est midi moins cinq peut et doit se rendre à Bruxelles ce jeudi. Peut-être que 70.000 personnes un dimanche n’impressionnent pas la classe politique, mais peut-être que 70.000 personnes un jeudi pourraient le faire. Si tous les navetteurs de bonne volonté allongent leur lunch et jettent un coup d’œil dehors, on sera déjà beaucoup…

Faisons grève chaque jeudi !

Les ONG et les syndicats sont aussi les bienvenus, pourvu qu’ils jouent un rôle de soutien. J’oserais demander aux partis politiques d’être discrets, sinon les accusations de récupération électorale ne seront pas exclues. Ce serait un cadeau à l’ennemi parce qu’il est trop facile de discréditer une manif en disant que l’extrême gauche est derrière !

Nous ferons cette grève générale sauvage chaque jeudi jusqu’au moment où le gouvernement, toutes les autorités, viendront enfin avec des mesures immédiates et radicales. Comme par exemple tous les dimanches des dimanches sans voiture (c’était possible dans les années 1970, pourquoi pas maintenant ?) ou un maximum de 100 km/h sur toutes les routes (c’est possible quand il y a alerte au smog, mais nous vivons dans un smog permanent). Pour donner un signal clair : nous devons interrompre le cours normal des choses pour le climat. Nous devons adapter notre comportement à toutes les échelles et prendre des mesures structurelles. Nous ne pouvons plus prétendre qu’il n’y a pas de problème : la science civile des Curieuze Neuzen comme la science institutionnelle du Giec, nous a confrontés à la vérité. Nous sommes dans une sorte d’état d’urgence écologique et la situation s’aggravera de jour en jour.

Une démarche profitable au monde des affaires aussi

Alors oui, il n’y a pas d’autre option que de soutenir massivement les jeunes et de former un large front climatique : une grève générale sauvage pour cette chose la plus importante, notre environnement. Nous sommes en train de détruire rapidement notre habitat, entraînant tous les autres êtres vivants de notre planète dans cette destruction. Nous assistons à la cinquième vague d’extinction des espèces animales depuis qu’il y a de la vie sur terre. Tous les phénomènes météorologiques extrêmes qui ont déjà été prévus et qui se déroulent sous nos yeux, depuis les incendies de forêts aux méga tempêtes en passant par les sécheresses, provoquent également d’énormes dommages économiques, en plus des migrations. L’année dernière, la Belgique, l’un des pays les plus humides du monde, pour ainsi dire, a connu deux sécheresses. Il est donc grand temps de se réveiller aussi pour le monde des affaires. La fenêtre du temps pour maintenir la température en dessous de 2 degrés se ferme de manière irrévocable.

Même ceux qui ne peuvent être présents peuvent et doivent exprimer leur soutien. Les artistes, les intellectuels et les personnalités connues peuvent jouer un rôle de soutien important. Nous devons suivre l’exemple de la jeunesse et interrompre nos vies. No more business as usual. Arrêtons de faire comme si rien n’était.

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