De l’ancien au nouveau, le futur appartient aux archéologues

Le Parthénon, à Athènes. Un monument devenu le symbole de la Grèce antique. Un lieu parfait pour méditer sur le cours de l’Histoire.
Le Parthénon, à Athènes. Un monument devenu le symbole de la Grèce antique. Un lieu parfait pour méditer sur le cours de l’Histoire. - AFP.

Si vous vous rendez un jour au bout de la Laconie, là où le doigt le plus oriental du Péloponnèse tutoie l’île d’Elafonisos, vous remarquerez peut-être ces tombes enrochées, caressées par les vagues ioniennes. Elles ont été creusées à proximité de Pavlopetri, une cité de l’âge du bronze engloutie, découverte en 1967. Ses habitants avaient eu soin de mettre leurs morts à l’abri de la montée des eaux. Une équipe d’archéologues britanniques en a tracé les principaux contours dans un film en réalité augmentée que l’on trouve aisément sur le web.

Il y a à Pavlopetri comme en des centaines d’autres sites de par le monde tout ce qui fait la puissance et la magie de l’archéologie. Son émerveillement, cette curiosité infantile que fait naître en chacun de nous la redécouverte d’une tranche de passé. Ses promesses, celle d’une ville datant de plusieurs millénaires avant Jésus-Christ qui tiendrait lieu de Pompéi immergée et attirerait son lot de touristes. Ses limites, puisqu’ici comme ailleurs tout ne peut pas être exploré et conservé pour une foule de raisons qui vont des implications budgétaires aux contraintes techniques, en passant par l’intérêt ou le non-intérêt scientifique.

Un univers infini, pourvoyeur de magie

Quel lien ce site mycénien a-t-il avec le Parthénon, le Colisée, Palmyre, Gizeh, Ephèse ou Chichen Itza que Le Soir et le National Geographic proposent de parcourir à travers une collection? Celui de la connaissance que prônent ces splendeurs monumentales en renvoyant vers un passé souvent diffus et mystérieux. Elles nous rappellent tout ce que les civilisations anciennes ont créé de beau, d’original et de flamboyant, avant de disparaître ou d’être recyclées par celles qui les ont supplantées. Rome aimait Athènes. La Renaissance aimait Rome et Athènes. L’architecture moderne aime tantôt l’Egypte, les Mayas ou les cathédrales du Moyen-Age. Rien ne se perd, rien ne se crée.

Mais hors des coups d’éclat et des morceaux de bravoure, il y a aussi la vie au quotidien. Celle que menait l’homme de Néandertal et celle que mène l’homme au costume trois-pièces des tours de verre new-yorkaises. L’archéologie qui leur est dédiée – car cette science va de l’étude des pointes de silex à celle de nos dépotoirs contemporains – est d’abord une affaire d’infinie patience. Tout est à découvrir. Le passé est partout. Denrées oubliées il y a 3.000 ans dans une amphore, fondations d’une abside romaine, machines chevrotantes de la Révolution industrielle… Ce n’est là qu’une infime partie des traces du passé. Et ce qui a déjà été trouvé vaudra un jour d’être revisité d’une autre manière.

Ainsi en va-t-il des grandes cités ioniennes de Milet, de Priène et de Myous auxquelles des études géomorphologiques menées dans l’estuaire du Büyük Menderes, l’antique Méandre, ont apporté ces dernières années une représentation revue et corrigée. Ou des sites d’Apamée et de Séleucie qui, soumis à des fouilles d’urgence en prévision de la construction de l’important barrage de Birecik sur l’Euphrate, ont livré une organisation urbanistique très évoluée, des temples et des villas romaines riches en peintures murales et en mosaïques…

L’avenir est à l’archéologie

L’archéologue amateur et un peu fou de jadis, le Philémon Siclone des Cigares du Pharaon est aujourd’hui un spécialiste de l’épigraphie, de l’environnement et des climats du passé, un archéomètre, un architecte ou un biologiste. Il emploie une technologie toujours plus évoluée tel le lidar originellement conçu pour la conquête spatiale, qui permet de cartographier beaucoup plus rapidement les cités disparues, de voir ce qui se cache sous les zones d’implantation des civilisations antiques ou sous la jungle amazonienne. C’est aussi le lidar qui a permis de prendre la vraie dimension du site d’Angkor.

Paradoxalement, l’avenir est à l’archéologie. Par l’ampleur du chantier qui reste à fouiller, l’usage de technologies toujours plus élaborées mais aussi par le rôle social et économique qu’elle a conquis au cours des décennies. Elle intervient dorénavant dans les politiques d’aménagement du territoire. Elle philosophe aussi, comme on le lira plus loin dans un article consacré à Néandertal.

L’archéologie doit pourtant en « garder un peu pour le dessert ». Découverte en 1967, Pavlopetri attend toujours comme des dizaines d’autres sites d’importance d’être livré au regard du public. Mais il ne faut pas trop se presser, surtout lorsqu’il faut casser pour trouver. A chaque génération ses vieilles pierres.

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