Mi-mandat de Trump: l’heure n’est pas à la fête à la Maison-Blanche

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Qu’on aime ou pas le 45e  président des Etats-Unis, impossible d’échapper à ses sautes d’humeur et ses annonces à l’emporte-pièce. Pas un jour ne passe sans que l’homme le plus puissant de la planète ne fasse parler de lui, surtout par ces tweets dont il a le secret. Ce 20 janvier, Donald Trump « fête » son mi-mandat à la tête des Etats-Unis et on se demande comment il va marquer le coup… L’année dernière, les «pays de merde» en avaient fait les frais.

Avec le bras de fer autour du shutdown – causé par l’absence d’accord sur la loi budgétaire pour 2019 –, l’heure n’est pas vraiment à la fête à Washington. Le locataire de la Maison-Blanche a d’ailleurs décidé de ne pas se rendre au Forum économique mondial de Davos la semaine prochaine pour cette raison. Voulant passer en force avec sa promesse de mur à 5,7 milliards de dollars entre le Mexique et les Etats-Unis, il est bloqué par les démocrates majoritaires à la Chambre.

Mais Trump tient bon, fidèle à lui-même, même si 800.000 fonctionnaires ne sont plus payés depuis un mois.

Depuis qu’il est aux affaires, Donald Trump a réussi à tenir plusieurs promesses électorales. Pas toutes, certes (les grands travaux d’infrastructure par exemple), mais quelques-unes de poids quand même dont la nomination de deux juges très conservateurs à la Cour suprême. Et surtout celles qui ne lui coûtent rien (retrait des troupes déployées à l’étranger, réductions d’impôts, dénonciation d’accords commerciaux, etc.) et peuvent lui rapporter gros, c’est-à-dire d’être réélu en 2020. Toute son action est guidée par cette seule envie.

S’il parvient à garder le cap durant les deux dernières années de son mandat, il aura peut-être une chance de remporter la mise. Aux Etats-Unis, on peut en effet devenir président avec 25 % des voix. Jusqu’à présent, son clientélisme ciblé sur les classes moyennes blanches et les conservateurs lui a plutôt bien réussi. Mais depuis les « midterms » et la victoire des démocrates, ses chances de réussite sont moins évidentes.

Si son bilan au niveau des promesses tenues/non tenues est plutôt positif, son style, par contre, l’est nettement moins. Vulgaire, choquant, multipliant les invectives, l’homme d’affaires et de téléréalité reconverti en président n’a toujours pas adopté la stature de sa fonction. Vu son caractère et son parcours, peu de chance qu’il change de posture un jour.

Sera-t-il rattrapé par les affaires qui se multiplient ? C’est la grande inconnue. Vendredi, par exemple, on apprenait que Donald Trump aurait ordonné à son ex-avocat Michael Cohen de mentir devant le Congrès sur ses projets immobiliers à Moscou. Si l’obstruction à la justice et la subornation de témoin sont confirmées, cela pourrait lui coûter cher. L’heure n’est pas à la fête à la Maison-Blanche.

Notre dossier sur le mi-mandat de Donald Trump

762 jours de présidence, dont 156 jours de golf

Sport, politique, voyages, ... Deux ans de présidence de Donald Trump en chiffres.

Le nombre de jours passés au golf

156 sur 728 écoulés depuis l’investiture du 20 janvier 2017, dont 70 lors desquels le président a lui-même joué, soit 10 % au total de son demi-mandat.

Un site internet en tient le décompte méticuleux et en a chiffré le coup pour les contribuables américains : 84 millions de dollars.

Le nombre de gens de son entourage qui ont été virés

Dans l’équipe de Trump, on note un turnover historique de 34 % la première année, qui dépasse 65 % un an plus tard, selon Kathryn Dunn Tenpas de la Brookings Institution. Le chiffre atteint 83 % pour le premier cercle de collaborateurs « originaux », où ne subsistent que les anonymes Bill McGinley et Kevin Hassett. Les partants sont : Reince Priebus, Sean Spicer, George Sifakis, Rob Porter, Michael Flynn, K.T. McFarland, Justin Clark, Marc Short, Don McGahn.

Neuf ministres sur 24 ont présenté leur démission, soit autant que pour les premières années de Barack Obama à la présidence.

Le nombre de voyages à l’étranger

Donald Trump s’est rendu 14 fois à l’étranger en 24 mois. Il se trouvait en Belgique les 24 et 25 mai 2017, puis du 10 au 12 juillet 2018, pour deux sommets de l’Otan consécutifs.

Le nombre de rencontres avec Vladimir Poutine

5. Aucune n’a généré de compte rendu écrit et exhaustif.

La nasse qui se resserre

192  poursuites pénales ont été engagées par l’équipe du procureur spécial Bob Mueller en charge de l’enquête sur les collusions de la Russie dans la campagne électorale de 2016.

36  personnes physiques et privées ont été inculpées.

7  personnes ont déjà plaidé coupables des charges retenues contre elles (entre autres : parjure, subornation de témoins, abus de biens sociaux, fraude fiscale, évasion fiscale)

4 personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour les faits qui leur étaient reprochés. L’avocat Michael Cohen, condamné, aurait été poussé à mentir lors d'une audience devant un tribunal fédéral de Manhattan par Donald Trump lui-même, selon Buzzfeed.

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